Manger est permis, tandis que l’acquittement du droit est obligatoire. Quant à la parole du Très-Haut : « Concluez un contrat d’affranchissement avec eux si vous discernez en eux quelque bien, et donnez-leur… » (1), ici le don est obligatoire alors que la rédaction du contrat n’est qu’une sunna. Les exemples semblables, où deux actes de statuts juridiques différents sont juxtaposés, abondent dans le Coran et la Sunna. (2)
Al-Ḥâfiẓ rapporte qu’Ibn Daqîq al-ʿÎd cite l’avis de certains savants : « Le hadith montre que la fiṭra signifie la religion ; or, par principe, ce qui est rattaché à une chose fait partie de ses piliers et non de ses accessoires, sauf preuve contraire. Par ailleurs, l’ordre de suivre Abraham — paix sur lui — est clairement énoncé, et il est établi que ces traits, c’est-à-dire les caractéristiques de la fiṭra, lui ont été prescrits. Tout ce qu’Allah ordonne de suivre chez lui est donc obligatoire pour celui à qui cet ordre s’adresse. »
Al-Ḥâfiẓ commente : « L’obligation de suivre n’implique pas que tout ce dans quoi l’on suit soit, de facto, obligatoire ; il suffit de se conformer : si la chose était obligatoire pour le modèle suivi, elle l’est pour le suiveur ; si elle était recommandée, elle reste recommandée. Ainsi, établir que ces caractéristiques sont obligatoires pour la communauté dépend de la preuve qu’elles l’étaient déjà pour l’Ami intime (al-Khalîl) — paix sur lui. » (3)
Note
Nombreux sont les savants qui ont jugé certaines caractéristiques de la fiṭra obligatoires. Tel est le cas de l’imâm ach-Châfiʿî — qu’Allah lui fasse miséricorde —, qui a rendu obligatoire la circoncision et le fait de laisser pousser la barbe, position partagée par la majorité de ses disciples. Parmi les Anciens, ʿAtâʾ — à qui l’on attribue également l’avis réprouvant le rasage de la barbe — tenait la même opinion ; il disait : « Si un adulte embrasse l’islam, sa conversion n’est complète qu’après sa circoncision. »
D’après Zayd ibn Arqam, le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui ne taille pas sa moustache ne fait pas partie des nôtres. » (4) Les juristes s’appuient sur ce hadith pour établir l’obligation de raccourcir la moustache. (5)
Nous avons déjà signalé que le cadi Ibn al-ʿArabî considère comme obligatoires la circoncision, le rasage du pubis (istihdād), l’épilation des aisselles et la coupe des ongles. Quant au rinçage de la bouche et du nez, la divergence bien connue demeure : sont-ils obligatoires ou non ?