la parole d’Allah – Très-Haut : « Dirige ton visage vers la religion, en pur monothéiste, conformément à la fiṭra (la disposition naturelle) voulue par Allah… » (1). La suite même du ḥadith y fait allusion, lorsque ‘Âʾisha ajoute : « Puis ses parents en font un juif ou un chrétien. »
Dans an-Nihâya, il est précisé que la fiṭra signifie la sunna, c’est-à-dire les pratiques des prophètes – paix sur eux – auxquelles il nous a été ordonné de nous conformer. L’imâm Abû Bakr Ibn al-‘Arabî – qu’Allah lui fasse miséricorde – déclare dans son commentaire du Muwaṭṭaʾ : « À mon avis, toutes les caractéristiques énumérées dans ce ḥadith sont obligatoires ; si quelqu’un les délaissait, son apparence ne serait même plus celle des humains – a fortiori des musulmans. » (2)
Abû Shâma lui répond que ces actes, dont le but est d’embellir la créature et de maintenir la propreté, ne nécessitent pas un ordre impératif du Législateur, la nature humaine y portant spontanément ; une simple recommandation suffit. Le ḥadith qu’il vise est la parole du Prophète ﷺ : « La fiṭra comporte cinq choses : la circoncision, le rasage du pubis, tailler la moustache, couper les ongles et épiler les aisselles. » (3)
Abû Sulaymân rapporte que la majorité des savants estiment que la fiṭra désigne la sunna ; plusieurs autres, en dehors d’al-Khaṭṭâbî, l’ont également mentionné, précisant qu’il s’agit des pratiques des prophètes – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur eux. D’autres ont dit qu’elle représente la religion même.
As-Suyûṭî – qu’Allah lui fasse miséricorde – affirme : « La meilleure explication de la fiṭra est qu’elle correspond à l’ancienne sunna choisie par les prophètes et sur laquelle toutes les législations révélées se sont accordées ; elle devient ainsi une disposition innée, naturelle pour eux. » (4)
L’imâm Ibn Daqîq al-‘Îd – qu’Allah lui fasse miséricorde – après avoir évoqué les divergences sur le terme, conclut : « Le premier avis, selon nous, est que la fiṭra est ce sur quoi Allah a modelé les créatures et prédisposé leurs natures : l’aversion de tout ce qui, sur le corps, n’appartient pas à son ornement. » (5)
Et l’illustre savant vérificateur Shams ad-Dîn Abû ‘Abd Allâh Muḥammad Ibn Qayyim al-Jawziyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – écrit, dans Tuḥfat al-Maw dûd bi-Aḥkâm al-Mawlûd, à propos du ḥadith « La fiṭra comporte cinq choses » :