Chapitre : Laisser pousser la barbe fait partie des traits de la fiṭra (la disposition naturelle)
D’après Zakariyyâ ibn Abî Zâʾida, d’après Muṣʿab ibn Shayba, d’après Ṭalq ibn Ḥabîb, d’après ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr, qui le tient de ʿÂʾisha : l’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : « Dix pratiques relèvent de la fiṭra (1) : 1) tailler la moustache, 2) laisser la barbe, 3) utiliser le siwâk, 4) aspirer de l’eau dans le nez, 5) couper les ongles, 6) laver les jointures (des doigts), 7) épiler les aisselles, 8) raser la zone pubienne, 9) se purifier avec de l’eau après les besoins, » puis Zakariyyâ rapporta que Muṣʿab ajouta : « et j’ai oublié la dixième, à moins que ce ne soit le rinçage de la bouche. » (2)
Quant au terme fiṭra, ar-Râghib explique que son sens premier est « fendre dans le sens de la longueur » ; il peut également désigner la fissure et la création à partir de rien.
Abû Shâma, pour sa part, indique que la fiṭra renvoie à la création originelle ; c’est dans ce sens qu’Allah est qualifié de « Fâṭir des cieux et de la terre », c’est-à-dire l’Initiateur de leur création. Ainsi, la parole du Prophète ﷺ : « Tout nouveau-né naît sur la fiṭra », signifie : sur l’état dans lequel Allah l’a fait apparaître la première fois. L’expression fait écho au verset : « la fiṭra d’Allah sur laquelle Il a façonné les gens ». Autrement dit, si l’être humain était laissé, dès sa naissance, livré à lui-même et à sa seule raison, celle-ci le conduirait à la religion véritable, à savoir l’unicité d’Allah ; cela est corroboré par