à votre imam : s’il prie debout, priez-le debout ; et s’il prie assis, priez assis. » Une autre version ajoute : « Ne faites pas ce que les Perses font avec leurs grands. »
Shaykh al-Islâm commente : « Il est évident que le fidèle qui suit l’imâm ne se lève que pour Allah, non pour son guide. Malgré cela, l’interdiction de se lever devant un homme assis est ici formulée avec une extrême vigueur ; il a, de plus, proscrit tout ce qui y ressemble, même quand l’intention n’est pas de l’imiter. C’est pour cette raison qu’il a interdit de se prosterner pour Allah devant un homme, ou d’accomplir la prière en direction de ce qui est adoré en dehors d’Allah, comme le feu ou autre. Le même ḥadith prohibe encore ce qui rappelle la conduite des Perses et des Byzantins, bien que notre intention diffère de la leur, car il dit : « Ne faites pas cela ! » Après une telle mise en garde, peut-on concevoir un blâme plus appuyé contre la simple ressemblance avec eux dans l’apparence ? Que ce ḥadith demeure applicable au fait de prier assis derrière un imâm assis ou qu’il ait été abrogé, l’argument qu’il contient reste valable : l’abrogation de la prière assise n’invalide pas la cause évoquée, elle signifie seulement qu’une considération plus forte l’a supplantée. »
Relève du même principe sa défense ﷺ de prier au lever et au coucher du soleil, motif pris de ce que « l’astre se lève et se couche entre les deux cornes de Satan, et c’est alors que les mécréants se prosternent devant lui ». Or le croyant ne se prosterne que pour Allah, et la plupart des gens ignorent que le soleil se lève et se couche entre les cornes d’un démon ou que les idolâtres se prosternent devant lui ; malgré cela, il nous a été interdit de simplement leur ressembler, par précaution et pour fermer la voie qui y conduit.
Dans le ḥadith d’Abû Hurayra ﵁ il est dit : « Il m’a interdit un picotement semblable au picotement du coq, de m’accroupir comme le chien et de tourner la tête comme le renard. » (1) Il est manifeste que le prieur qui adopte ces postures n’a pas l’intention d’imiter les animaux mentionnés. Les exemples de ce principe sont trop nombreux pour être énumérés ; ce que nous avons cité suffit.
Al-Ḥâfiẓ Ibn Ḥajar déclare dans Fatḥ al-Bârî : « Celui qui est efféminé par nature, que ce soit dans son parler ou sa démarche, doit s’efforcer d’abandonner ces attitudes afin de ne pas ressembler aux femmes ; à défaut, il sera blâmé. » (2)