Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Al-Ṭabarânî rapporte d’après Ibn ʿAbbâs (qu’Allah les agrée) qu’une femme passa devant le Messager d’Allah ﷺ, l’arc en bandoulière. Le Prophète ﷺ déclara : « Qu’Allah maudisse les femmes qui imitent les hommes. » Or, la ressemblance qu’offre l’homme qui se rase la barbe avec la femme est plus manifeste encore que celle d’une femme portant un arc avec les hommes.

Deuxièmement : pour les spécialistes des fondements du droit, la spécification (takhṣîṣ) n’est tolérée qu’en cas de nécessité absolue, lorsqu’il est impossible de mettre en œuvre deux textes dont l’un restreint la portée de l’autre. Si, au contraire, l’on peut appliquer les deux textes simultanément, il n’est pas permis d’en limiter l’un par l’autre, car cette opération tient d’une forme d’abrogation et annule une part du sens que le texte véhicule. Par conséquent, réduire l’interdiction de l’imitation (tashabbuh) au seul domaine vestimentaire relève d’un parti pris arbitraire et ôte une partie de la portée du texte. Il n’appartient pas à quiconque est incommodé par un texte de prétendre, sans critère, qu’il faut en restreindre la portée.

L’adversaire objecte :
(d) « Les actes ne valent que par leurs intentions ; celui qui se rase la barbe n’a pas l’intention de ressembler aux femmes. Comment peut-il donc être assimilé à celui qui le fait délibérément ? »

Réponse : une telle affirmation ne saurait émaner d’un savant ; elle procède plutôt d’une interprétation tendancieuse. En effet, l’imitation se juge à l’apparence extérieure, indépendamment de l’intention, car c’est un acte dont la qualification ne dépend pas du vouloir, à l’instar de la destruction de biens, de l’homicide ou des coups portés : quiconque les commet en est qualifié, même sans le vouloir. De même, celui qui se teint les mains au henné imite les femmes, fût-ce sans le vouloir. Certes, la Loi lève le péché pour l’auteur d’une destruction, d’un homicide ou d’un coup non prémédité, faute d’intention, mais elle l’oblige néanmoins à réparer le dommage à cause de l’acte même. Quant à celui qui imite, la faute n’est pas levée sous prétexte d’absence d’intention, car la corruption que la Loi entend écarter par cette interdiction subsiste dans son acte, quand bien même il ne la viserait pas. C’est pourquoi ont été proscrits des actes dont l’auteur ne songe nullement qu’ils relèvent de l’imitation.

Muslim rapporte ainsi, d’après Jâbir ibn ʿAbd Allâh (qu’Allah les agrée) : « Le Messager d’Allah ﷺ tomba malade et nous avons prié derrière lui alors qu’il était assis. Abû Bakr relayait ses takbîr pour que les fidèles l’entendent. Le Prophète ﷺ se tourna vers nous et, nous voyant debout, nous fit signe de nous asseoir ; nous avons donc poursuivi la prière assis, à son exemple. Lorsqu’il termina, il dit : “Vous étiez sur le point d’imiter les Perses et les Byzantins : ils restent debout devant leurs rois tandis que ceux-ci demeurent assis. Ne faites pas cela ! Conformez-vous…"

وروى الطبراني عن ابن عباس ﵄ أن المرأة مرت على رسول الله ﷺ متقلدة قوسا فقال رسول الله ﷺ: (لعن الله المتشبهات بالرجال) ومشابهة حالق اللحية للمرأة أوضح من مشابهة من تقلدت القوس بالرجال. الثاني: التخصيص عند الأصوليين من الضرورات التي لا يصار إليها إلا عند الاضطرار وتعذر العمل بالنصين اللذين يخص أحدهما الأخر، أما إذا كان العمل بالنصين معا ممكنا فلا يجوز تخصيص أحدهما بالآخر لأن التخصيص نوع من النسخ، وابطال لبعض ما يدل عليه النص من المعنى، وعليه فتخصيص التشبه بأنه في اللباس فقط تحكم وإبطال لبعض مدلول النص، ولا يصح لكل من ضاق ذرعا بنص أن يدعى تخصيصه بغير ضابط. قال المخالف: (د) الأعمال بالنيات، ومن يحلق لحيته لا يقصد التشبه بالنساء، فكيف يستوي بمن يقصده؟ وجوابه: أن هذا مما لا يقوله عالم بل هو من التأويل المغرض، إذ أن مدار التشبه على الصورة الظاهرة بغض النظر عن قصد صاحبها لأن التشبه من الأعمال التي لا يتوقف الاتصاف بها على القصد والنية كالإتلاف والقتل والضرب، فمن فعل ذلك اتصف به وإن لم يقصده، وكذلك من صبغ يده بالحناء فهو متشبه بالنساء وإن لم يقصده، لكن الشرع رفع الإثم عن المتلف والقاتل والضارب الذين لم يتعمدوا لعدم قصدهم، وألزمهم الغرامة لأجل فعلهم، وأما المتشبه فلم يرفع عنه الإثم لعدم قصده، لأن المفسدة التي يقصد الشارع درءها بالنهى موجودة في فعله وإن لم يكن لة قصد فيها، ولذا نهي عن الأعمال التي لم يقصد عاملها التشبه ولا خطر على باله، وروى مسلم عن جابر بن عبد الله ﵄: "اشتكى رسول الله ﷺ فصلينا وراءه وهو قاعد، وأبو بكر يسمع الناس تكبيره، فالتفت إلينا فرآنا قياما فأشار إلينا فقعدنا، فصلينا بصلاته قعودا، فلما سلم قال: إن كدتم لتفعلون فعل فارس والروم، يقومون على ملوكهم وهم قعود، فلا تفعلوا، ائتموا

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