Aḥmad ibn Yaḥyā rapporte : « ʿUbayd ibn Maymūn m’a raconté, d’après ʿAbd Allâh ibn al-Jaʿfarī, que ʿAbd Allâh ibn al-Ḥasan avait pour habitude de s’asseoir longuement auprès de Rabīʿa. Un jour, tandis qu’ils évoquaient les traditions, un homme présent dans l’assemblée s’écria : “On n’agit pas ainsi.” ʿAbd Allâh rétorqua : “Que feras-tu si les ignorants deviennent si nombreux qu’ils finissent par juger à eux seuls ? Faudrait-il alors prendre leur parole comme argument contre la sunna ?!” Rabīʿa dit alors : “J’atteste que voilà bien une parole digne des descendants des prophètes.”
Ceci dit, voici une étude exhaustive consacrée aux « questions de la barbe ». Je la présente en application de la parole du Seigneur des mondes : « Rappelle ; car le rappel profite aux croyants » (sourate 51, verset 55), à un moment où le besoin s’en fait vivement sentir. En effet, les innovations et les nouveautés nées de toutes pièces ont presque éteint la lumière des sunna. Les infractions à la Loi se sont multipliées ; leurs méfaits se sont généralisés et leurs étincelles se sont propagées. On s’y adonne avec constance tandis que l’on se tait sur leur réprobation, si bien qu’elles ont fini par paraître des sunna établies et des prescriptions authentifiées par le Législateur : le vieil homme disparaît en s’y conformant et l’enfant grandit en les pratiquant.
Heureux et bien guidé est donc celui qui ravive la sunna, appelle à Allah, et pour qui louangeur ou détracteur, du moment qu’ils parlent vérité, sont égaux. Il s’écarte des habitudes des gens, fût-ce qu’ils prétendent marcher sur la voie droite, sans se soucier des reproches de rigorisme dans l’action ou de dureté dans la religion que l’on jette sur lui. Ce n’est là qu’un petit échantillon de ce qu’ont toujours enduré ceux qui ordonnent le bien, interdisent le mal et s’attachent à la religion d’Allah : médisances, dénigrements, toutes sortes de vexations et de brutalités.
On rapporte du meilleur des Successeurs, ʿUways al-Qaranī, qu’il disait : « Le fait d’ordonner le bien et d’interdire le mal ne laisse au croyant aucun ami. Nous les convions au bien et ils injurient notre honneur ; ils trouvent pour cela des soutiens parmi les pervers. Ils m’ont même, par Allah, imputé des monstruosités ; et par Allah, jamais je ne renoncerai à accomplir à leur égard ce devoir comme il se doit. »
Aujourd’hui, en présentant cette épître à titre de conseil aux musulmans, nous rappelons que la question de la barbe relève d’un jugement secondaire. Elle s’inscrit toutefois dans un principe général que beaucoup ont négligé : l’obéissance absolue au Messager d’Allah ﷺ, qui consiste à accomplir tout ce qu’il a ordonné et à s’abstenir de tout ce qu’il a prohibé.