: « La cent-septième grande désobéissance : que les hommes cherchent à ressembler aux femmes dans ce qui, de façon habituelle, leur est exclusivement réservé — tenue vestimentaire, façon de parler, gestuelle ou autre — et inversement.
Remarque
Le fait de classer cela parmi les grands péchés est manifeste si l’on considère les hadiths authentiques cités plus haut et la menace sévère qu’ils renferment. J’ai relevé chez nos maîtres deux avis à ce sujet :
- l’interdiction, avis que l’imam an-Nawawî a jugé fondé, et même retenu pour correct ;
- le caractère simplement déconseillé, avis qu’al-Râfiʿî a tenu pour fondé en un passage.
Or la position juste — la véritable — est celle d’an-Nawawî : c’est bel et bien interdit, et, comme je l’ai déjà établi, cela constitue un grand péché. J’ai d’ailleurs vu certains auteurs traitant des grands péchés le compter expressément parmi eux, ce qui est évident. » (1)
Al-Hâfiẓ Ibn Ḥajar écrit dans « Fatḥ al-Bârî » (2), à propos du hadith d’Ibn ʿAbbâs : « Le Messager d’Allah a maudit les hommes qui imitent les femmes et les femmes qui imitent les hommes » :
« At-Ṭabarî dit : Il n’est pas permis aux hommes de se faire passer pour des femmes dans les habits et les parures qui leur sont propres, pas plus qu’il n’est permis aux femmes de faire l’inverse.
Shaykh Abû Muḥammad b. Abî Jamra précise : Le texte, dans son sens apparent, interdit toute forme d’imitation ; toutefois, d’autres preuves montrent qu’il vise l’imitation de la tenue, de certains traits, attitudes et mouvements, et ce qui y ressemble, non l’imitation dans les bonnes actions. Il ajoute : La sagesse du fait de maudire celui qui imite réside dans la dénaturation d’une chose par rapport à la configuration dans laquelle le Plus Sage des sages l’a créée. Cela est également suggéré dans la malédiction visant « celles qui rallongent leur chevelure », qualifiées de « celles qui altèrent la création d’Allah » (3).