envers eux ; mais lorsqu’ils persistèrent dans la mécréance, il se distingua d’eux. De même, pour le jeûne de ʿĀshūrāʾ (le 10 Muḥarram), il ordonna de jeûner un jour avant ou un jour après, uniquement afin de se démarquer d’eux (1).
Deuxième forme : il arrive que l’acte dans lequel nous sommes tenus de nous différencier d’eux soit en lui-même nuisible et déficient, tandis que s’en éloigner constitue perfection et bénéfice. Il en va ainsi de l’interdiction de raser la barbe et de l’obligation de la laisser pousser : la pratique des Mages en la matière est déficiente et dommageable, alors que s’en distinguer est perfection et droiture, car laisser pousser la barbe relève des traditions des prophètes communes à toutes les législations révélées. Relève également de cette deuxième forme la prohibition, rapportée par al-Bukhârî et Muslim, de manger ou de boire dans des récipients d’or ou d’argent : bien qu’il s’agisse d’un usage des mécréants, cet usage est une déficience, tandis que le délaisser est perfection et profit. Allah est plus savant.
Objection : certains ont prétendu que, parmi les prescriptions par lesquelles le Messager d’Allah ﷺ nous a ordonné de nous distinguer des mécréants, figurent la prière en sandales et la teinture des cheveux grisonnants, aucune de ces deux pratiques n’étant obligatoire. Dès lors, affirment-ils, les arguments relatifs à la teinture, à la prière en sandales et à l’entretien de la barbe se valent, puisqu’ils visent tous la seule dissociation d’avec les mécréants.
Réponse : cette analogie est invalide à plusieurs égards.
-
Il s’agit d’une analogie d’un cas déjà couvert par un texte explicite avec un autre cas tout aussi explicite, alors qu’une analogie n’est recevable que lorsque la branche (farʿ) n’est pas l’objet d’un texte.
-
La cause légale de la prière en sandales et de la teinture des cheveux blancs se limite à la simple opposition aux mécréants, tandis que la cause légale de l’obligation de laisser pousser la barbe ne se réduit pas à cette seule opposition, comme nous l’avons expliqué.
-
Pour la prière en sandales, des preuves — trop célèbres pour être détaillées — la font passer, selon ceux qui défendent cette opinion, du rang d’obligation à celui d’acte recommandé ; en effet, le Messager ﷺ a prié