ou qu’ils laissent abondamment l’une et l’autre, ensemble (1). Ceci relève de leurs usages propres. Or le hadith prophétique a clairement exposé une partie de la raison de cette prescription : l’interdiction de les imiter dans ce qui leur est spécifique ; nul n’a le droit d’écarter cette cause explicite sur la seule base de son opinion. L’imâm as-Sindi rapporte, dans sa ḥāshiya au commentaire d’as-Suyûtî des Sunan d’an-Nasâʾî, que nombre de prédécesseurs ont compris que le rasage de la barbe est un emblème de nombreux mécréants (2). Tel est bien l’état de la majorité d’entre eux à notre époque, contrairement à ce qu’avance l’opposant ; cette mauvaise habitude ne nous est d’ailleurs parvenue que par leur intermédiaire (3).
Cinquièmement : il convient de noter que nombre de polythéistes au sujet desquels le Messager d’Allah ﷺ nous a ordonné de nous distinguer en laissant pousser la barbe et en taillant la moustache laissaient effectivement pousser leur barbe, comme on le sait d’eux ; malgré cela, il nous a ordonné de nous opposer à eux. Le fait qu’ils laissent croître leur barbe est un vestige de la religion qu’ils ont héritée d’Ibrâhîm — sur lui, ainsi que sur notre Prophète, bénédictions et salut —, tout comme ils ont hérité de lui la circoncision. En effet, il est authentiquement rapporté (4) d’Ibn ʿAbbâs — qu’Allah les agrée —, au sujet de la parole du Très-Haut : « Et lorsque son Seigneur mit Ibrâhîm à l’épreuve par certaines paroles » [2 : 124], qu’il a dit : « Il s’agit des traits de la disposition naturelle (fitra). » Cela nous conduit à un principe essentiel : la dissociation d’avec les polythéistes peut parfois consister