temps, et cela — hélas — sous la main des ennemis de l’islam : les Croisés haineux, animés d’un esprit de revanche, et les zindiqs athées. Jamais nous n’avons vu un savant ni un prédicateur musulman sincère fermer les yeux sur ce fléau grave. Voici donc quelques extraits des principaux penseurs qui ont semé la graine de l’européanisation et rejeté l’islam derrière leur dos.
Le premier d’entre eux est cet agent de la pensée occidentale qui déclara un jour : « Si la religion islamique devait se dresser en obstacle entre nous et notre pharaonisme, nous la rejetterions. » Dans certains de ses livres, il réclame explicitement « que nous suivions la voie des Européens et empruntions leur chemin afin de devenir leurs égaux, que nous soyons leurs partenaires dans la civilisation, dans son bien comme dans son mal, dans son doux comme dans son amer, dans ce qu’on en aime comme dans ce qu’on en déteste, dans ce qu’on en loue comme dans ce qu’on en blâme » (1).
Il n’est donc pas étonnant qu’un de ses maîtres, Massignon, ait déclaré : « Si nous lisions les propos de Ṭâhâ Husayn, nous dirions : “Voilà notre marchandise qui nous revient.” »
Vient ensuite un croisé rancunier que l’on présente dans l’histoire comme l’un des “renouveleurs”, alors qu’il est le père des démolisseurs. Dans son ouvrage Al-Yawm wa-l-Ghad, l’un des livres qui ont nourri l’idée d’européanisation et inauguré les pires innovations chez les musulmans abusés, il écrit : « Nous devons quitter l’Asie et rejoindre l’Europe ; car plus ma connaissance de l’Europe grandit, plus mon amour et mon attachement pour elle s’intensifient, et plus je sens qu’elle est de moi et que je suis d’elle. Tel est le credo pour lequel je m’emploie, toute ma vie durant, en secret comme au grand jour : je renie l’Orient, je crois en l’Occident. » Il ajoute :
« Je veux que l’enseignement soit européen, sans aucune autorité ni intervention de la religion » ; et encore : « Je veux que le gouvernement soit démocratique et parlementaire comme en Europe, et que soit puni quiconque tenterait de le modeler sur le gouvernement théocratique de Hârûn ar-Rachîd ou d’al-Ma’mûn. »