Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

de la Loi islamique suprême sur laquelle se fonde cette religion. Il incombe donc à tous les musulmans, hommes et femmes, d’y veiller dans tous les domaines de leur vie. Allah seul accorde Son secours.

Objection : certains avancent que le fait de se distinguer des mécréants est simplement recommandé et non obligatoire, et que l’avis correct serait de considérer l’imitation des mécréants comme seulement réprouvée, non interdite. Pour appuyer leur thèse, ils citent des textes où des prescriptions légales sont motivées par la volonté de différenciation, différenciation qu’ils estiment elle-même recommandée, non obligatoire. Dès lors, selon eux, la manière de concilier ces textes avec ceux qui imposent l’obligation est de conclure à la seule réprobation, la conciliation l’emportant sur l’abrogation ou la préférence. Voici la réponse, en plusieurs points :

  1. Il est établi, selon la majorité des spécialistes des fondements et des juristes, que lorsque des textes interdisent une chose tandis que d’autres la permettent, on doit se conformer aux textes prohibiteurs, car ils viennent transférer l’homme de l’état d’innocence et de permission originelles dans lequel il se trouvait avant l’apparition de l’interdiction.

  2. La parole du Prophète ﷺ : « Celui qui imite un peuple fait partie de ce peuple » est une preuve explicite de l’interdiction d’imiter les mécréants. De même, il ﷺ a dit : « Les personnes les plus détestées d’Allah sont au nombre de trois… » et il a cité parmi elles « celui qui, dans l’islam, recherche une pratique de la Jâhiliyya (l’époque préislamique) » (1).

    Muslim rapporte encore d’après ʿAbd Allâh b. ʿAmr ﵄ : « Le Messager d’Allah ﷺ vit sur moi deux vêtements teints au safran et dit : “Cela fait partie de l’habit des mécréants, ne les porte donc pas.” Je demandai : “Dois-je les laver ?” Il répondit : “Non, brûle-les plutôt.” » Or le fait de brûler ces habits constitue la destruction d’un bien ayant une valeur marchande, ce qui contredit l’idée que la simple différenciation ne serait que recommandée.

  3. On ne recourt à la conciliation que lorsque les textes sont susceptibles de plusieurs interprétations et non explicites ; dans les autres cas, on passe à l’abrogation ou à la préférence.

  4. Les preuves les plus fortes indiquent l’interdiction d’imiter les mécréants dans ce qui leur est propre. Il se peut toutefois que, pour certaines questions particulières, ce jugement se voie ramené à la simple réprobation ; cela n’annule pas le principe, mais ne constitue qu’une exception limitée à ces points précis. Et Allah – Très-Haut – est, de toute éternité, le plus savant.

(1) Rapporté par al-Bukhârî d’après Ibn ʿAbbâs.
الشريعة الإسلامية العليا التي بني على أساسها هذا الدين، فالواجب على كل المسلمين رجالا ونساء أن يراعوا ذلك في كافة شئونهم، والله وحده المستعان. شبهه: زعم بعض الناس أن مخالفة الكفار مستحبة لا واجبة، وأن الصحيح هو كراهة التشبه بالكفار لا تحريمه، واستدل على دعواه بورود نصوص تبنى أحكاما شرعية معللة بمخالفة الكفار وهذه المخالفة مستحبة لا واجبة، فمسلك الجمع بينها وبين النصوص الدالة على الوجوب إنما هو القول بكراهة التشبه فقط، لأن هذا الجمع يقدم على النسخ والترجيح، وجواب ذلك من وجوه. الأول: أن المقرر عند جمهور الأصوليين والفقهاء أنه إذا وردت نصوص تدل على تحريم شيء وردت نصوص أخرى تدل على جوازه، وجب العمل بالنصوص الدالة على التحريم لأنها ناقلة عن البراءة والإباحة التي كان الناس عليها أول الأمر، قبل ورود الخطر. الثاني: قوله ﷺ: "من تشبه بقوم فهو منهم" صريح الدلالة على تحريم التشبه بالكفار، وكذا قوله ﷺ: "أَبْغَضُ النَّاسِ إِلَى اللَّهِ ثَلاَثَةٌ" وذكر منهم "وَمُبْتَغٍ فِي الإِسْلاَمِ سُنَّةَ الجَاهِلِيَّةِ" (١). وروى مسلم عن عبد الله بن عمرو ﵄ قال: "رأى رسول الله ﷺ على ثوبين معصفرين، فقال: "إن هذا من لباس الكفار فلا تلبسهما"، قلت: أغسلهما؟ قال: لا، بل أحرقهما"، والإحراق فيه إتلاف مال متقوم، وهذا ينافي القول باستحباب المخالفة. الثالث: أن الجمع لا يصار اليه عندما تكون النصوص محتملة غير صريحة، وفيما عدا ذلك يصار إلى النسخ أو الترجيح. الرابع: أن ما تقتضي الأدلة رجحانه هو تحريم التشبه بالكفار فيما هو من خصائصهم، وقد يرد في بعض المسائل ما يصرف هذا الحكم إلى الكراهة فلا يلغي ذلك الأصل بل يخصص في هذه المسائل بعينها، والعلم عند الله تعالى.
(١) رواه البخاري عن ابن عباس ﵄.

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