le nom même ; ils se sont vus dépouiller de la plus grande source de puissance : la fierté que confèrent le Livre de leur Seigneur et la guidée de leur Prophète ﷺ (1).
Où sont-ils, dis-moi, par rapport à l’attitude d’Umar ibn al-Khattâb, le commandeur des croyants — qu’Allah l’agrée —, telle que l’a rapportée al-Hâkim d’après Ibn Shihâb ? Celui-ci raconte :
« Umar ibn al-Khattâb se rendit en Syrie en notre compagnie, et Abû ʿUbayda ibn al-Jarrâḥ était avec nous. Arrivés à un gué, Umar chevauchait son chameau. Il en descendit, ôta ses chaussons de cuir (khuffs), les posa sur son épaule, prit la bride de sa monture et la fit traverser le gué. Abû ʿUbayda lui dit : “Ô commandeur des croyants ! Tu fais cela ? Tu retires tes khuffs, tu les mets sur ton épaule, tu tiens la bride de ton chameau et tu traverses ainsi le gué ? Je n’aimerais pas que les habitants de la ville te voient dans cet état.” Umar répondit : « Ah ! Si ce n’était pas toi, Abû ʿUbayda, qui venais de prononcer ces paroles ! J’en fais un exemple pour la communauté de Muḥammad ﷺ. Nous étions le peuple le plus avili ; Allah nous a honorés par l’islam. Chaque fois que nous rechercherons l’honneur par autre chose que ce par quoi Allah nous a honorés, Allah nous humiliera. »
Al-Hâkim a dit : « Authentique selon les critères des deux shaykhs », et al-Dhahabî l’a approuvé. Al-Albânî a déclaré : « Il en est exactement ainsi. »
Dans une autre version rapportée par al-Hâkim, Abû ʿUbayda dit : « Ô commandeur des croyants, les troupes et les dignitaires de Syrie vont venir à ta rencontre et te voilà dans cet état ? » Umar répondit : « Nous sommes un peuple qu’Allah a honoré par l’islam ; jamais nous ne chercherons la noblesse ailleurs. »