Et Il – exalté soit-Il – a encore dit : « Nous avons certes honoré les fils d’Adam » ⦗1⦘.
Il ne fait donc aucun doute que la création de l’être humain sous cette apparence relève de « l’œuvre d’Allah qui a parfait toute chose » ⦗2⦘ et constitue une manifestation de la beauté de Son œuvre – glorifié et sanctifié soit-Il. Il est par conséquent impensable que le fait d’avoir créé l’homme doté d’une barbe qu’Il lui ordonne de laisser pousser puisse, – à Allah la pureté absolue –, être tenu pour une quelconque erreur.
Quant à celui qui s’en prend à l’œuvre d’Allah et se rase la barbe, nous n’irons pas jusqu’à supposer qu’il nie ouvertement les textes dans lesquels le Messager d’Allah ﷺ a ordonné de laisser pousser les barbes, ni qu’il proclame : « C’est là une erreur d’Allah – exalté et sanctifié soit-Il –; il eût mieux valu qu’Il créât l’homme sans barbe. » De telles paroles ne sauraient sortir que de la bouche d’un mécréant, d’un athée.
La réalité, toutefois, est que juger laid ce que la Loi trouve beau et juger beau ce qu’elle réprouve se manifeste chez certains par le langage de l’état, souvent plus éloquent que celui de la parole. Dis-moi : si tu possèdes un vêtement élégant, irais-tu le jeter à terre pour le remplacer par un habit hideux et déchiré ? Nul doute qu’un tel geste contredirait la disposition naturelle et la raison saine.
Ainsi, celui qui, dans son for intérieur, apprécie ce qu’Allah a qualifié de « forme la plus parfaite » s’en prendrait-il délibérément à cette belle apparence pour la supprimer, la piétiner, puis imiter en cela les mécréants qui ont trouvé désirable ce péché ?
On dira peut-être : « Oui, il arrive qu’un musulman, qui trouve louable dans son cœur le fait de laisser pousser la barbe, ne considère pourtant pas comme illicite de la raser et se sente pécheur en le faisant ; il ne serait alors qu’un désobéissant parmi les musulmans. »
Nous répondons : il est vrai qu’un musulman peut commettre l’acte des mécréants sans pour autant partager leur conviction quant à la beauté de cet acte. Un musulman, par exemple, peut se vêtir à l’européenne tout en s’en affligeant intérieurement et en murmurant : « Il n’y a de puissance ni de force qu’en Allah ; je m’y suis vu contraint pour suivre la société. Qu’Allah nous en préserve. »
De la même manière, cet acte demeure un kufr pratique, au même titre que les autres désobéissances, car il ne partage pas avec eux l’appréciation