réside dans un attachement plus résolu à la sunna, dans la rupture avec les bidʿa (innovations blâmables) — et non dans la complaisance envers les adeptes de l’innovation ni dans l’entrave des prêcheurs de la sunna.
Une analogie fallacieuse
Parmi les analogies intellectuelles viciées dont ils se servent pour embrouiller le commun des fidèles, ils avancent la suivante : celui qui s’intéresse à ces questions secondaires alors que les ennemis nous cernent ressemble à un homme posté sur la rive, tandis qu’un autre lutte contre les vagues, près de se noyer, et qu’une partie de sa nudité apparaît ; le premier se met à lui crier dessus pour blâmer l’indécence, sans se soucier du danger mortel qui le menace.
La réponse est la suivante : vous assimilez un cas particulier à un cas de référence qui n’ont rien de comparable. Le cas de base que vous invoquez est un état de nécessité ; il va de soi que l’on privilégie la prévention du plus grand mal — la perte de la vie — sur le moindre — l’apparition d’une parcelle de nudité. De même, si l’ennemi nous attaquait, nous nous mobiliserions tous pour lui faire face sans perdre de temps dans des divergences accessoires, occupés que nous serions par le péril majeur.
Quant au cas que vous comparez, à savoir la situation de nos sociétés aujourd’hui, il se trouve, du moins dans nos contrées, bien en-deçà d’un état de nécessité où les vies, la religion, les cultures et la descendance seraient anéanties et où les musulmans seraient appelés à la mobilisation générale, des vieillards aux femmes. Ces propos pourront surprendre de prime abord ou susciter de mauvaises conjectures sur celui qui les tient ; pourtant j’en fournis la preuve en me référant à la vie même de ceux qui objectent. Votre quotidien ressemble-t-il à celui d’un homme qui se jette dans un torrent, indifférent à tout, pour sauver un noyé luttant contre les vagues ? Est-ce là la situation d’un peuple qu’un avertisseur a prévenus et chez qui l’on a proclamé la levée en masse ?
Pourquoi donc menez-vous une existence régulière et confortable, jouissant non seulement du nécessaire mais encore du superflu et de l’agrément ? Vous savourez des fruits, vous vous prélassez sur des matelas douillets, vous flânez dans les parcs — autant de choses que personne ne vous reproche et que vous n’êtes pas non plus prompt à condamner chez autrui.