Le critère qui définit deux réalités comme « différentes sans exclusion » veut que l’essence de chacune, considérée en elle-même, diffère de l’essence de l’autre, tout en pouvant rationnellement se trouver réunies dans un même support ; ainsi de la blancheur et du froid, de la parole et de la position assise, du noir et de la douceur.
L’essence de la blancheur, en soi, diffère de celle du froid ; pourtant, blancheur et froid peuvent coexister dans une même substance, telle la neige. Il en va de même pour la parole et la position assise : leur réalité respective diffère, mais une personne peut parfaitement, au même instant, être assise et parler. De même encore, le rapport entre (le combat contre les ennemis et la confrontation de leurs complots) et (l’appel aux questions dites « secondaires », le fait de s’y tenir et de les enseigner) relève de cette catégorie. De la même façon qu’un corps blanc peut être froid comme la neige, qu’une personne assise peut parler, ou qu’une datte noire peut avoir un goût sucré, il est tout aussi rationnel qu’un homme attaché aux branches affronte et combat ses ennemis ; rien n’empêche, du point de vue de la raison pure, qu’un serviteur qui observe les ordres d’Allah et évite Ses interdits soit parallèlement engagé dans le jihad contre Ses ennemis de toutes ses forces — évidence confirmée par l’histoire de notre Prophète — paix et bénédictions sur lui —, de ses Compagnons et de ceux qui les ont suivis avec excellence.
Quant aux preuves du Livre et de la sunna — telle Sa parole : « Allah accordera infailliblement la victoire à qui L’assiste » (1) et : « Si vous secourez Allah, Il vous secourra » (2), entre bien d’autres textes —, elles montrent que le lien entre l’attachement aux rites islamiques et la venue du secours divin est celui qui unit la condition à ce qu’elle implique nécessairement : s’attacher à la religion est la condition même de la victoire, victoire qui en découle inéluctablement, comme l’attestent ces versets.
Les contradicteurs, toutefois, ont fait croire aux gens que l’articulation entre la condition et sa conséquence équivalait à l’incompatibilité qui oppose deux contradictoires ou deux contraires. Par naïveté et ignorance, ces derniers les ont suivis, si bien qu’une aversion s’est installée dans leurs cœurs : dès qu’ils entendent quelqu’un parler de questions subsidiaires, ils s’imaginent aussitôt qu’il anéantit ainsi le jihad. Pourtant, il est évident que « nul ne peut donner ce qu’il ne possède pas », pas plus que l’ombre ne saurait être droite quand le tronc est courbe.
L’État musulman ne pourra se dresser que sur les épaules d’hommes résolus qui observent l’ensemble