Ils ajoutent encore : « Les musulmans opprimés sont égorgés dans leurs propres patries ; l’Église d’Orient s’unit à l’Église d’Occident pour frapper les musulmans ; les Juifs machinent notre éradication, et vous, vous vous attardez sur ces questions subsidiaires, attisant la division et la fitna. »
La réponse est que délaisser un devoir prescrit par la Loi par crainte d’une fitna hypothétique constitue en soi une fitna : « Parmi eux, il en est qui disent : “Permets-moi de rester et ne me mets pas à l’épreuve.” Or, c’est bien dans l’épreuve qu’ils sont tombés. » (1) La fitna ne surgit pas d’une exhortation mutuelle empreinte de bienveillance entre croyants ; elle naît de la polémique et de l’entêtement lorsque la vérité est manifeste et la preuve établie.
La persécution des musulmans, leur faiblesse et les complots de leurs ennemis que vous évoquez sont, certes, des réalités. Cependant, votre erreur réside dans la confusion que vous entretenez entre les questions : vos propos ne seraient justes que si l’on admettait avec vous que l’attachement aux questions secondaires contredit la confrontation et le jihad contre les ennemis comploteurs. Or, il n’existe aucune contradiction nécessaire entre les deux. Exposer la vérité dans les questions secondaires ne fait pas obstacle au combat contre l’ennemi, pour peu que l’objectif soit réellement de clarifier la vérité et non de se perdre dans des discussions stériles.
La première génération dut affronter des périls qui menaçaient directement son existence ; cela ne les poussa pourtant pas à délaisser les questions secondaires. Ils établirent la vérité à leur sujet, s’imposèrent d’en appliquer les conséquences, dominèrent alors les nations, renversèrent les trônes des mécréants et élevèrent, majestueux, l’édifice de la foi.
Ce qui sape la vigueur des musulmans, c’est celui qui conteste la vérité après qu’elle est devenue évidente, persiste à ne pas s’y soumettre et provoque la polémique au moyen d’objections boiteuses – non pas celui qui les appelle à s’attacher au Livre et à la sunna. Et si, selon l’avis prépondérant, les mécréants sont eux-mêmes concernés par les branches de la charia (2), que dire alors des musulmans, au sujet desquels Allah – exalté soit-Il – dit : « Les croyants n’ont qu’une seule parole lorsqu’ils… »