Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Ils ajoutent encore : « Les musulmans opprimés sont égorgés dans leurs propres patries ; l’Église d’Orient s’unit à l’Église d’Occident pour frapper les musulmans ; les Juifs machinent notre éradication, et vous, vous vous attardez sur ces questions subsidiaires, attisant la division et la fitna. »

La réponse est que délaisser un devoir prescrit par la Loi par crainte d’une fitna hypothétique constitue en soi une fitna : « Parmi eux, il en est qui disent : “Permets-moi de rester et ne me mets pas à l’épreuve.” Or, c’est bien dans l’épreuve qu’ils sont tombés. » (1) La fitna ne surgit pas d’une exhortation mutuelle empreinte de bienveillance entre croyants ; elle naît de la polémique et de l’entêtement lorsque la vérité est manifeste et la preuve établie.

La persécution des musulmans, leur faiblesse et les complots de leurs ennemis que vous évoquez sont, certes, des réalités. Cependant, votre erreur réside dans la confusion que vous entretenez entre les questions : vos propos ne seraient justes que si l’on admettait avec vous que l’attachement aux questions secondaires contredit la confrontation et le jihad contre les ennemis comploteurs. Or, il n’existe aucune contradiction nécessaire entre les deux. Exposer la vérité dans les questions secondaires ne fait pas obstacle au combat contre l’ennemi, pour peu que l’objectif soit réellement de clarifier la vérité et non de se perdre dans des discussions stériles.

La première génération dut affronter des périls qui menaçaient directement son existence ; cela ne les poussa pourtant pas à délaisser les questions secondaires. Ils établirent la vérité à leur sujet, s’imposèrent d’en appliquer les conséquences, dominèrent alors les nations, renversèrent les trônes des mécréants et élevèrent, majestueux, l’édifice de la foi.

Ce qui sape la vigueur des musulmans, c’est celui qui conteste la vérité après qu’elle est devenue évidente, persiste à ne pas s’y soumettre et provoque la polémique au moyen d’objections boiteuses – non pas celui qui les appelle à s’attacher au Livre et à la sunna. Et si, selon l’avis prépondérant, les mécréants sont eux-mêmes concernés par les branches de la charia (2), que dire alors des musulmans, au sujet desquels Allah – exalté soit-Il – dit : « Les croyants n’ont qu’une seule parole lorsqu’ils… »

(1) At-Tawba, v. 49. (2) Parmi les arguments avancés en faveur de cette préférence, on trouve la parole d’Allah : « Qu’est-ce qui vous a conduits en Saqar ? – Nous ne faisions pas partie de ceux qui priaient et nous ne nourrissions pas le pauvre. » Il y a aussi : « Saisissez-le et entravez-le ; puis précipitez-le dans la Fournaise ; ensuite faites-le passer dans une chaîne longue de soixante-dix coudées. Il ne croyait pas en Allah le Tout-Puissant et n’exhortait pas à nourrir le pauvre. » On peut enfin citer : « Ceux qui n’invoquent pas avec Allah une autre divinité et ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit… le châtiment lui sera doublé le Jour de la Résurrection et il y demeurera avili. » Ce dernier verset établit clairement que le supplice est doublé pour celui qui cumule de tels interdits.
ويقولون أيضا: هؤلاء المسلمون المستضعفون يذبحون في بلادهم، والكنيسة الشرقية تتحد مع الكنيسة الغربية للفتك بالمسلمين، واليهود يخططون لاستئصالنا وأنتم تتكلمون في هذه الفرعيات وتثيرون الفرقة والفتنة. والجواب: أن ترك الواجب الشرعي مخافة الفتنة الظنية هو في حد ذاته فتنة ﴿وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ ائْذَنْ لِي وَلَا تَفْتِنِّي أَلَا فِي الْفِتْنَةِ سَقَطُوا﴾ (١) ولا تكون الفتنة حادثة بسبب التناصح بين المؤمنين بالتي هي أحسن وإنما تحدث من الجدل والعناد مع وضوح الحق وبيان الحجة. إن ما ذكرتموه من إضطهاد المسلمين وضعفهم وتآمر أعدائهم إلخ كل هذا حق ولكنكم أتيتم من خلطكم بين الأمور، فكلامكم قد يكون حقا إذا سلمنا لكم أن التمسك بالفرعيات يتعارض مع مواجهة تآمر الأعداء وجهادهم، والحق أنه لا يلزم التعارض بينهما، إذ إن بيان الحق في الأمور الفرعية لا يتعارض مع جهاد الأعداء إذا كان الهدف هو حقا بيان الحق مع البعيد عن الجدل العقيم وقد واجه الرعيل الأول أخطارا تهدد كيانهم، ولم يحملهم ذلك على ترك الفرعيات وتقرير الحق فيها والزام أنفسهم باللازم منها، ومع ذلك سادوا الأمم، وأسقطوا عروش الكفرة وأقاموا صرح الإيمان شامخا، والذي يفت في عضد المسلمين هو من يجادل في الحق بعدما تبين، ويصر على عدم الانقياد له، ويثير الجدال بشبهات سقيمة، وليس من يدعوهم إلى التمسك بالكتاب والسنة، وإذا كان الكفار مخاطبين بفروع الشريعة على الأرجح (٢) فكيف بالمسلمين الذين قال الله تعالى في حقهم: ﴿إِنَّمَا كَانَ قَوْلَ الْمُؤْمِنِينَ إِذَا
(١) التوية: ٤٩. (٢) ومن أدلة هذا الترجيح قوله تعالى: ﴿مَا سَلَكَكُمْ فِي سَقَرَ (٤٢) قَالُوا لَمْ نَكُ مِنَ الْمُصَلِّينَ (٤٣) وَلَمْ نَكُ نُطْعِمُ الْمِسْكِينَ﴾ وقوله سبحانه تعالى: ﴿خُذُوهُ فَغُلُّوهُ (٣٠) ثُمَّ الْجَحِيمَ صَلُّوهُ (٣١) ثُمَّ فِي سِلْسِلَةٍ ذَرْعُهَا سَبْعُونَ ذِرَاعًا فَاسْلُكُوهُ (٣٢) إِنَّهُ كَانَ لَا يُؤْمِنُ بِاللَّهِ الْعَظِيمِ (٣٣) وَلَا يَحُضُّ عَلَى طَعَامِ الْمِسْكِينِ﴾. ومنها قوله تعالى: ﴿وَالَّذِينَ لَا يَدْعُونَ مَعَ اللَّهِ إِلَهًا آخَرَ وَلَا يَقْتُلُونَ النَّفْسَ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ﴾ إلى قوله: ﴿يُضَاعَفْ لَهُ الْعَذَابُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَيَخْلُدْ فِيهِ مُهَانًا﴾ الآيات. لأن الآية نص في مضاعفة العذاب في حق من جمع بين المحظورات.

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