Section : Laissez la Sunna suivre son cours, ne lui opposez pas vos opinions
Il plaît à certaines personnes – expertes dans l’art de semer les doutes et de forger des analogies fallacieuses – de s’en prendre à quiconque expose le jugement de la Loi dans des questions secondaires, que ce soit de sa propre initiative ou pour répondre à un demandeur. Aussitôt, ils brandissent des objections rationnelles et dialectiques, tout en se détournant des preuves scripturaires, et déclarent par exemple :
« Les musulmans devraient concentrer leurs efforts sur les dangers majeurs qui menacent leur existence ; il n’y a pas lieu de perdre du temps à prêcher sur ces “futilités”. L’islam aurait-il donc été appliqué dans sa totalité, au point qu’il ne resterait plus qu’à laisser pousser la barbe pour que la gloire de la communauté revienne ? Les grands fléaux qui gangrènent la société auraient-ils tous disparu, de sorte qu’il ne resterait plus à dénoncer que le rasage de la barbe ? »
En vérité, ces pseudo-arguments ne proviennent pas d’un homme versé dans la jurisprudence ou la science sacrée ; ils sont vides et inconsistants, et leur vacuité même suffit à les réfuter. Si ces propos ne troublaient pas la compréhension religieuse de certaines personnes, nous n’y prêterions aucune attention et nous ne nous serions pas donné la peine d’y répondre :
Car ce raisonnement corrompu et cette opinion malsaine s’étendraient, sans la moindre limite, à nombre d’ordonnances de la charia qui ne flattent pas les passions. Il ne resterait alors plus de place pour inviter à l’abandon des interdits ni à la vénération des rites ; la charia deviendrait un jouet entre les mains de ceux qui s’écartent de ses prescriptions : l’un magnifierait ce que l’autre méprise, et inversement. Que subsisterait-il de l’islam après un tel nivellement ?
Pis encore, les dangers de cette méthode moribonde sont sans borne : tôt ou tard, ses adeptes appliqueront ce laxisme aux divergences touchant aux fondements mêmes de la foi. Que restera-t-il de l’islam lorsque réprouver ce qui touche à l’unicité (tawhîd) et à l’associationnisme (shirk), par exemple, sera lui aussi taxé de “semer la division entre les musulmans” ?