Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Section : Laissez la Sunna suivre son cours, ne lui opposez pas vos opinions

Il plaît à certaines personnes – expertes dans l’art de semer les doutes et de forger des analogies fallacieuses – de s’en prendre à quiconque expose le jugement de la Loi dans des questions secondaires, que ce soit de sa propre initiative ou pour répondre à un demandeur. Aussitôt, ils brandissent des objections rationnelles et dialectiques, tout en se détournant des preuves scripturaires, et déclarent par exemple :

« Les musulmans devraient concentrer leurs efforts sur les dangers majeurs qui menacent leur existence ; il n’y a pas lieu de perdre du temps à prêcher sur ces “futilités”. L’islam aurait-il donc été appliqué dans sa totalité, au point qu’il ne resterait plus qu’à laisser pousser la barbe pour que la gloire de la communauté revienne ? Les grands fléaux qui gangrènent la société auraient-ils tous disparu, de sorte qu’il ne resterait plus à dénoncer que le rasage de la barbe ? »

En vérité, ces pseudo-arguments ne proviennent pas d’un homme versé dans la jurisprudence ou la science sacrée ; ils sont vides et inconsistants, et leur vacuité même suffit à les réfuter. Si ces propos ne troublaient pas la compréhension religieuse de certaines personnes, nous n’y prêterions aucune attention et nous ne nous serions pas donné la peine d’y répondre :

Car ce raisonnement corrompu et cette opinion malsaine s’étendraient, sans la moindre limite, à nombre d’ordonnances de la charia qui ne flattent pas les passions. Il ne resterait alors plus de place pour inviter à l’abandon des interdits ni à la vénération des rites ; la charia deviendrait un jouet entre les mains de ceux qui s’écartent de ses prescriptions : l’un magnifierait ce que l’autre méprise, et inversement. Que subsisterait-il de l’islam après un tel nivellement ?

Pis encore, les dangers de cette méthode moribonde sont sans borne : tôt ou tard, ses adeptes appliqueront ce laxisme aux divergences touchant aux fondements mêmes de la foi. Que restera-t-il de l’islam lorsque réprouver ce qui touche à l’unicité (tawhîd) et à l’associationnisme (shirk), par exemple, sera lui aussi taxé de “semer la division entre les musulmans” ?

فصل دعوا السنة تمضي، لا تعرضوا لها بالرأي يحلو لبعض الناس ممن يتقنون صناعة الشبهات وضرب الأمثال أن يتصدوا لكل داع يبين حكم الشرع في قضايا الفروع سواء تكلم بها ابتداء أو جاءت إجابة لسائل يسال، فيثيرون الاعتراضات العقلية الجدلية معرضين عن الأدلة الشرعية، فيقولون مئلا: المسلمون ينبغي أن تتجه همتهم إلى الأمور الخطيرة التي تهدد كيانهم، ولا ينبغي تضييع الوقت في الدعوة إلى هذه الشكليات، وهل تم تطبيق الإسلام كله حتى لم يبق إلا إعفاء الناس لحاهم حتى يعود مجد الإسلام؟ وهل زالت المنكرات الكبرى التي عمت المجتمع حتى لم يبق إلا حلق اللحية منكرا يجب تغييره؟ والحق أن هذه الشبهات لا تصدر عن صاحب فقه وشرع، وهي شبهات فارغة ساقطة يكفي سقوطها في ردها، ولولا أنها تلبس على بعض الناس أمور دينهم لما التفتنا إليها، ولما تجشمنا الرد عليها: لأن هذا المنطق الكاسد والرأي الفاسد سوف ينسحب بلا قيد على كثير من أحكام الشريعة التي لا توافق الأهواء، بحيث لا يبقى بعد ذلك مجال للدعوة إلى اجتناب المحارم وتعظيم الشعائر، وتصبح الشريعة ألعوبة في يد المنحرفين عن أحكامها، يعظم أحدهم ما يحتقره الأخر والعكس بالعكس، فماذا يبقى من الإسلام بعد تمييع هذا كله؟ هذا وإن أخطار هذا المنهج العليل غير محدودة إذ لا يلبث أصحابه أن ينقلوا التمييع إلى الخلاف في الأصول فماذا يبقى من الإسلام حين يصبح الإنكار في مسائل التوحيد والشرك مثلا أيضا مما يفرق المسلمين؟

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