tous les mouvements des membres se corrompent alors et se précipitent vers tous les péchés et tout ce qui prête à confusion, au gré des passions du cœur. C’est pourquoi l’on dit : le cœur est le roi des membres, et les autres membres sont ses soldats ; or ces soldats lui obéissent docilement, prompts à exécuter ses ordres, sans jamais le contredire.
Il en résulte que l’on peut déduire la santé, ou au contraire la dépravation, du cœur à la mesure de l’obéissance que ses soldats manifestent aux prescriptions de l’islam. Il est impensable qu’un cœur sain, habité par la science et la foi, laisse paraître une opposition à la Loi révélée ; l’apparence extérieure est le reflet de l’intérieur et l’indice décisif de sa droiture ou de sa corruption.
Ainsi, la barbe fait partie de ce corps qui sert de miroir au cœur : celui qui la rase en invoquant la rectitude de son cœur voit sa prétention démentie par son apparence ; à l’inverse, celui qui se conforme à l’ordre de la laisser pousser possède, dès ce monde, une preuve évidente de sa conformité extérieure à la Loi d’Allah, tandis que son jugement final appartient à Allah dans l’au-delà.
Nous implorons Allah de faire que nos réalités intérieures soient meilleures que nos apparences ; Lui seul accorde la réussite.
Quant à la parole du Prophète ﷺ : « Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde vos cœurs et vos œuvres », elle est une preuve contre eux et non en leur faveur. Le Prophète ﷺ ne s’est pas contenté de dire : « …mais Il regarde vos cœurs » ; il a immédiatement ajouté : « …et vos œuvres », c’est-à-dire celles qui émanent de ces cœurs et qui doivent nécessairement être vertueuses, conformes à ce qui plaît à Allah, recherchées exclusivement pour Sa Face.
Le Très-Haut dit : « Les croyants ne sont que ceux dont les cœurs frémissent quand Allah est mentionné (2) ; quand Ses versets leur sont récités, cela accroît leur foi, et ils placent leur confiance en leur Seigneur ; ceux qui accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons attribué (3). Ceux-là sont les vrais croyants ; pour eux, des degrés auprès de leur Seigneur, ainsi qu’un pardon et une subsistance généreuse. » ⦗1⦘
Nul doute que cette manière de comprendre les textes est la seule qui ferme la porte aux zindîq et aux athées, lesquels se retranchent derrière la prétention d’une bonne intention tout en transgressant la Loi : « Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur terre !” ils répondent : “Nous ne sommes que des réformateurs.” Non ! Ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte » (11–12). Et ils brandissent