intercéder. » Elle répondit : « Je n’ai que faire de lui. » (1)
Ainsi, le Prophète ﷺ a explicitement nié qu’il s’agissait d’un ordre, tout en confirmant qu’il ne faisait qu’intercéder, ce qui indique une simple recommandation. Il en ressort que l’acte recommandé n’entre pas dans le champ du commandement ; dès lors, l’ordre légal ne peut viser que ce qui est obligatoire.
9 – Ils avancent encore que les Compagnons – qu’Allah les agrée – déduisaient systématiquement l’obligation à partir d’un ordre, et qu’aucune divergence n’est connue ni parmi eux ni parmi ceux qui vinrent après eux ; il s’agit donc d’un consensus.
Section – Le commandement du Messager d’Allah ﷺ de laisser croître la barbe
Al-Bukhârî, Muslim et d’autres ont rapporté, par l’entremise de plusieurs Compagnons – parmi lesquels Abû Hurayra et Ibn ʿUmar –, que le Messager d’Allah ﷺ ordonna de laisser pousser la barbe. Muslim rapporte également cette parole d’Ibn ʿUmar : « Nous avons reçu l’ordre de laisser la barbe. »
Ce commandement est formulé dans cinq expressions différentes qu’Imâm an-Nawawî a recensées : « laissez (la barbe) » (iʿfû), « parachevez-la » (awfû), « laissez-la pendre » (arkhû), « laissez-la s’allonger » (irjû), et « rendez-la fournie » (waffirû). Un tel ordre implique l’obligation : celui qui l’exécute est récompensé et celui qui l’abandonne encourt la sanction. Aucune indication ne permet de le ramener au simple caractère recommandé ; il en découle que se raser la barbe constitue une opposition manifeste à l’ordre du Messager d’Allah ﷺ.
Sache enfin que l’argument de ceux qui ne voient dans le rasage de la barbe qu’une simple réprobation tient à leur opinion selon laquelle cet ordre n’impliquerait pas l’obligation ; or tu sais maintenant ce qu’il en est à ce sujet. (2)