de la cohorte des hypocrites voués au plus bas degré de l’Enfer. Dans une autre version rapportée par Muslim, le Prophète ﷺ récita ensuite : « Rappelle donc : tu n’es qu’un avertisseur (21), tu n’as aucune emprise sur eux (22), sauf celui qui tourne le dos et mécroit (23) ; alors Allah le châtiera du plus grand châtiment (24). Vers Nous est certes leur retour (25), puis il Nous incombera de les juger (26). »
De même, les deux Ṣaḥīḥ rapportent d’après Abū Saʿīd al-Khudrī ﵁ que Khālid ibn al-Walīd demanda au Prophète ﷺ la permission de tuer un homme. Il répondit : « Non, peut-être accomplit-il la prière. » Khālid répliqua : « Que de gens prient tout en prononçant de la langue ce qui n’est pas dans leur cœur ! » Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « Il ne m’a pas été ordonné de fouiller dans le cœur des gens ni de leur ouvrir le ventre. »
Il en va de même de sa parole ﷺ : « Quiconque part en expédition dans la voie d’Allah sans autre intention, durant sa campagne, que de gagner la corde (ʿiqāl) d’un chameau n’obtiendra que ce qu’il a visé. » Ḥadith rapporté par Aḥmad et an-Nasāʾī d’après ʿUbāda ibn al-Ṣāmit ﵁.
Citons encore cette parole ﷺ : « Celui qui cherche le savoir pour rivaliser avec les savants, ou pour débattre avec les sots, ou pour attirer vers lui les regards des gens, Allah le fera entrer en Enfer. » Rapporté par al-Tirmidhī d’après Kaʿb ibn Mālik ﵁.
Tous ces textes – et ils sont nombreux – attirent l’attention sur la gravité de la sincérité et sur son caractère indispensable dans les œuvres pieuses. Soutenir que l’on peut négliger les actes extérieurs est un propos vain qui conduit à la ruine de la religion et à la profanation des interdits sous prétexte d’une intention prétendument droite. Ils mentent : si leurs intentions étaient bonnes, leurs actes le seraient également. C’est dans le même sens que le Prophète ﷺ a dit : « En vérité, il est dans le corps un morceau de chair : s’il est sain, tout le corps est sain ; s’il est corrompu, tout le corps est corrompu. Il s’agit du cœur. »
Le ḥadith indique que la rectitude des mouvements des membres du serviteur, son abstention des choses illicites et son évitement des ambiguïtés dépendent de la rectitude de son cœur. Si ce cœur est sain – n’abritant que l’amour d’Allah et de ce qu’Il aime, la crainte d’Allah et la crainte de tomber dans ce qu’Il déteste – alors tous les gestes des membres deviennent corrects : il s’ensuit l’abandon de tous les interdits et la mise à distance des choses douteuses, par peur de basculer dans l’illicite. Mais si le cœur est corrompu, dominé par la poursuite des passions et la recherche de ce qu’il aime, fût-ce au mépris d’Allah, alors