volontaires ne se produisent que mûes par l’intention de l’agent, laquelle est la cause même de leur existence et de leur réalisation. La phrase : « Et chacun n’obtient que ce qu’il a voulu » énonce alors un jugement légal : la part que l’homme retire de son acte est fonction de son intention ; si celle-ci est saine, il reçoit sa récompense ; si elle est corrompue, l’acte l’est également et il en portera le fardeau.
Le ḥadith contient même une indication supplémentaire sur la gravité de la question, dans la seconde partie où le Prophète ﷺ déclare : « Celui dont l’émigration (hijra) est pour Allah et pour Son Messager, son émigration est bien pour Allah et pour Son Messager ; et celui dont l’émigration est motivée par quelque avantage terrestre qu’il espère obtenir, ou par une femme qu’il veut épouser, son émigration n’est que vers ce pour quoi il a émigré. »
Nous avons là un exemple d’acte dont l’apparence extérieure est unique et partagée aussi bien par les croyants que par les hypocrites ; pourtant, sa validité ou sa nullité varie selon l’intention. Est-il donc concevable qu’un individu déduise de ce texte un blâme de l’émigration du territoire de guerre (dār al-ḥarb) vers le territoire de l’islam (dār al-islām) au prétexte qu’il suffirait d’être sincère ? Son refus de s’engager dans cette émigration ne serait-il pas, a fortiori, la preuve la plus éclatante de la corruption de son cœur et de la perversité de son intention ? Cela confirme la parole du Prophète ﷺ : « N’est-ce pas qu’à chaque roi appartient un sanctuaire ? Eh bien, il est dans le corps un morceau de chair ; s’il est sain, tout le corps est sain, et s’il est corrompu, tout le corps est corrompu : il s’agit du cœur. »
Quelle valeur aurait donc cette prétendue intention si elle ne débouchait pas sur l’obéissance aux prescriptions et l’abstention des interdits ? De nombreux textes relient en effet l’ensemble des obligations extérieures à l’intention et conditionnent la réussite à la droiture de l’intention comme de l’œuvre. Muṭarrif ibn ʿAbd Allâh a dit : « La rectitude du cœur dépend de la rectitude de l’action, et la rectitude de l’action dépend de la rectitude de l’intention. »
Parmi ces textes figure la parole du Prophète ﷺ : « Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et qu’ils acquittent la zakât ; quand ils le font, ils préservent de moi leur sang et leurs biens, sauf pour un droit dû, et leur compte appartient à Allah. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim d’après Ibn ʿUmar ﵄.
Son propos « et leur compte appartient à Allah » signifie que la double attestation, l’accomplissement de la prière et le versement de la zakât – actes extérieurs – mettent à l’abri la vie et les biens de leur auteur en ce bas monde, sauf s’il commet ce qui rend licite l’effusion de son sang. Quant à l’au-delà, son règlement relève d’Allah : s’il est véridique, Allah l’admettra au Paradis grâce à cela ; s’il ment, il fait partie