Ils rétorquent donc : « Ces textes – et bien d’autres encore – montrent que le véritable critère réside dans la droiture intérieure, la pureté de l’intention et la santé du cœur. »
La réponse est la suivante :
Le Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya (m. 728 H) affirme : « Je m’engage à dire qu’aucun partisan du faux ne pourra se prévaloir d’un verset ou d’un hadith authentique pour étayer son égarement sans que la même preuve ne contienne ce qui réfute son propos. Voilà l’un des signes éclatants d’Allah et de Ses preuves manifestes qui réduisent à néant l’œuvre des corrupteurs. »
Quant à la parole du Prophète ﷺ : « Les actes ne valent que par l’intention, et chacun n’obtient que ce qu’il a voulu », elle ne signifie, sous quelque angle que ce soit, que l’on puisse négliger la dimension visible de la pratique et la tenir pour négligeable. Elle nous indique plutôt l’un des deux critères de validité du culte : l’un extérieur, l’autre intérieur.
- Le critère extérieur veut que l’acte concorde avec la sunna du Prophète ﷺ et s’oppose à toute bidʿa (innovation). La preuve en est sa parole : « Quiconque accomplit une œuvre qui n’est pas conforme à notre ordre verra son acte rejeté » – ou, selon une autre version : « Quiconque introduit dans notre affaire quelque chose qui n’en fait pas partie verra son acte rejeté. »
- Le critère intérieur est la sincérité de l’intention pour Allah, exalté soit-Il, à l’exclusion de toute ostentation, ainsi qu’en atteste la parole : « Les actes ne valent que par les intentions. »
Allah, exalté soit-Il, a réuni ces deux conditions dans Sa parole : « Que celui qui espère rencontrer son Seigneur accomplisse donc une œuvre vertueuse sans rien Lui associer dans son adoration. » (Coran 18 : 110)
Al-Fudayl ibn ʿIyâḍ (m. 187 H), commentant le verset : « afin de vous éprouver, [pour savoir] qui de vous agit le mieux » (Coran 67 : 2), a dit : « Le meilleur acte est le plus sincère et le plus correct. » Il expliqua : « Si l’œuvre est sincère mais non correcte, elle n’est pas acceptée ; si elle est correcte mais non sincère, elle n’est pas acceptée non plus, jusqu’à ce qu’elle soit à la fois sincère et correcte. L’œuvre est sincère lorsqu’elle est accomplie pour Allah, et correcte lorsqu’elle est conforme à la sunna. »
Le hadith constitue donc une preuve du rôle capital de l’intention et de l’importance majeure qu’elle revêt ; en aucun cas il ne saurait servir à abolir les rites apparents de l’islam. L’expression du Prophète ﷺ « Les actes ne valent que par les intentions » équivaut à dire : les actes ne prennent effet qu’en fonction des intentions ou les actes se réalisent à la mesure des intentions (1), c’est-à-dire que les actes