« S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y auraient certes trouvé maintes contradictions. » (1)
Si donc la divergence ne vient pas d’Allah, comment pourrait-on en faire une législation à suivre et une miséricorde révélée ?
Il incombe plutôt de se débarrasser de la divergence autant que possible, ou du moins d’en resserrer le cercle, conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Visez la justesse et rapprochez-vous-en. » Cela est réalisable dans nombre de questions grâce aux preuves qu’Allah, exalté soit-Il, a mises en place pour distinguer le vrai du faux, le droit de l’erroné. Puis, après avoir recherché les arguments et constaté l’impossibilité d’éliminer la divergence, les musulmans s’excusent mutuellement au sujet de ce qui peut encore les opposer. (2)
Quant à ceux qui ont réparti la religion entre « écorce » et « noyau », ils se fondent sur quelques textes pour justifier leur position. Il y a notamment le hadith rapporté par le Commandeur des croyants ʿUmar ibn al-Khattâb, qu’Allah l’agrée : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Les actes ne valent que par les intentions, et chacun n’obtient que ce qu’il a voulu.” » Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Ils invoquent également le hadith rapporté par an-Nuʿmân ibn Bashîr, qu’Allah l’agrée : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Le licite est manifeste et l’illicite est manifeste ; entre les deux se trouvent des choses équivoques que nombre de gens ignorent. Celui qui se prémunit contre les choses équivoques aura préservé sa religion et son honneur, tandis que celui qui s’aventure dans les équivoques est semblable à un berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos réservé : il est sur le point d’y pénétrer. N’est-il pas vrai que chaque roi possède un enclos ? Or, l’enclos d’Allah sur Sa terre, ce sont Ses interdits. Et certes, il est dans le corps un morceau de chair : s’il est sain, c’est tout le corps qui est sain ; s’il se corrompt, c’est tout le corps qui se corrompt ; eh bien, il s’agit du cœur.” » Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Ils citent encore le hadith d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, selon lequel le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Allah ne considère ni vos apparences ni vos biens, mais Il considère vos cœurs et vos œuvres. » Hadith rapporté par Muslim.