- Le fait d’adopter avec eux les mêmes signes extérieurs – qu’ils tiennent pour « guidance manifeste » – entraîne une fusion si visible qu’il ne subsiste plus, aux yeux de tous, de distinction apparente entre les bien-guidés agréés d’Allah et ceux qui ont encouru Sa colère et se sont égarés, et ce n’est là qu’une des nombreuses raisons fondées sur la sagesse. Cela vaudrait encore si ces signes, considérés isolément et débarrassés de toute ressemblance avec eux, relevaient du strictement permis ; mais s’ils figurent parmi les causes mêmes de leur mécréance, ils deviennent une branche de la mécréance, et les imiter dans ce domaine revient à les suivre dans l’un de leurs péchés. Tel est un principe qu’il importe de bien comprendre.
Diviser la religion en « écorce » et « noyau » : une innovation contemporaine
En notre époque sont apparus des gens qui ont reçu la guidance de l’islam à travers le seul prisme de leur vie quotidienne, sans baigner dans un milieu scientifique capable d’éclairer leur jugement. Ils se mettent ainsi à invoquer certains textes pour leur faire dire l’exact contraire de leur finalité et appellent les choses autrement que par leur nom.
Cela se voit clairement chez ceux qui négligent plusieurs prescriptions apparentes qu’ils taxent de « formalités » ou de « coquilles », tout en ne cessant de prôner l’attachement exclusif au « noyau ». Or diviser la religion en écorce et noyau est une classification inacceptable : c’est une innovation étrangère à la compréhension authentique du Livre et de la Sunna, inconnue de nos pieux prédécesseurs – et c’est en les suivant qu’on trouve tout le bien et le salut. « Ce ne sont là que des noms que vous et vos pères avez inventés ; Allah n’a pour eux fait descendre aucune preuve. » ⦗1⦘
Cette scission entre coquille et noyau, entre extérieur et intérieur, et l’appel qui l’accompagne à délaisser l’apparence sous prétexte que l’intérieur serait sain, trouvent un écho favorable chez les insouciants et les dupes. Lorsqu’ils entendent leurs savants rebaptiser les péchés, ils déclarent par exemple que laisser pousser la barbe relève des sunna d’usage. Certains d’entre eux (qu’Allah lui pardonne) ont en effet rangé la barbe longue et la taille de la moustache parmi les convenances ordinaires, sans rapport avec la transmission du message ni l’exposé de la Loi, les reléguant au statut d’actes recommandés – et même au troisième degré de ceux-ci, après les sunna confirmées et non confirmées – allant jusqu’à dire : « Et celui qui les adopte en tant que partie de