il ne se soumet donc plus à ce qu’Allah lui a prescrit, et il ne fait plus réellement preuve de bienfaisance envers ses parents. En effet, lorsque le serviteur suit ses père et mère dans une transgression de la Loi au nom de la bonté qu’il veut leur témoigner, il en arrive à délaisser cette même bonté ; renoncer à cette bienfaisance purement apparente conduit, en réalité, à la bienfaisance authentique (1).
Puis Allah — exalté soit-Il — dit : « Vers Moi sera votre retour et Je vous informerai de ce que vous faisiez » (2). Autrement dit, votre sort ultime et votre destination finale sont auprès de Moi, quand bien même, aujourd’hui, vous vivez au milieu de vos pères, de vos enfants, de vos proches et de vos clans. Il ne fait aucun doute que celui qui sait que la fréquentation d’un être n’est qu’éphémère et interrompue, alors que la présence devant un autre est permanente et ininterrompue, ne sacrifiera pas la satisfaction de Celui dont la compagnie est éternelle pour complaire à celui qu’il quittera tôt ou tard (3).
L’imam scrupuleux Ibn al-Qayyim al-Jawziyya ﵀ a dit : « Parmi les causes de la rectitude du cœur figure le fait que l’amour d’Allah le Très-Haut prime sur toutes les autres affections. Ainsi, lorsque l’amour d’Allah se trouve en concurrence avec l’amour d’autre que Lui, c’est l’amour d’Allah qui doit l’emporter, et l’on doit en assumer toutes les implications. Il est aisé de revendiquer cela en paroles, mais combien il est difficile de le mettre en pratique : c’est lors de l’épreuve que l’homme est honoré ou abaissé. Que de fois le serviteur fait-il passer ce qu’il aime et convoite — ou ce qu’aiment son supérieur, son gouverneur, son shaykh ou sa famille — avant ce qu’aime Allah le Très-Haut ! Un tel homme n’a donc pas placé l’amour d’Allah au-dessus de toutes les autres affections, ni ne l’a érigé en souverain qui commande sur elles. Or la loi d’Allah veut que celui qui agit ainsi voie ses plaisirs gâchés et troublés ; il n’obtiendra rien d’eux sans peine ni amertume. Il s’agit du châtiment réservé à celui qui préfère son propre caprice, ou celui d’une créature qu’il vénère ou chérit, à l’amour d’Allah. Allah a décrété, d’un arrêt irrévocable :
• quiconque aime autre que Lui sera inéluctablement tourmenté par cet objet même de son amour ;
• quiconque craint autre que Lui sera livré à ce qu’il craint ;
• quiconque s’absorbe dans quelque chose y trouvera malédiction ;
• quiconque Lui préfère un autre ne recevra pas Sa bénédiction dans cette chose ;
• et quiconque cherche à satisfaire une créature au prix du mécontentement d’Allah, Allah fera inévitablement que cette même créature devienne mécontente de lui. » (4)