Nulle obéissance n’est due à une créature lorsque cela implique une désobéissance envers le Créateur
D’après ʿAlî, le Messager d’Allah ﷺ envoya une expédition et plaça à sa tête un homme (1). Celui‐ci alluma un feu puis ordonna : « Entrez-y » (2). Certains s’apprêtèrent à y pénétrer, tandis que d’autres dirent : « Nous avons justement fui ce feu ! » Lorsque l’affaire fut rapportée au Messager d’Allah ﷺ, il déclara aux premiers : « Si vous y étiez entrés, vous y seriez restés jusqu’au Jour de la Résurrection. » Puis il adressa de bonnes paroles aux seconds et conclut : « Il n’y a pas d’obéissance dans la désobéissance à Allah ; l’obéissance n’est due que dans ce qui est convenable (maʿrûf). »
Ce hadith a été rapporté par al-Bukhârî et Muslim — le texte cité suit la version de ce dernier — ainsi que par Abû Dâwûd, an-Nasâ’î et Aḥmad. L’imam des traditionnistes, al-Bukhârî ﵀, rapporte encore cette parole d’al-Ḥasan : « Si une mère, par compassion, empêche son fils d’assister à la prière du ʿishâʾ en congrégation, il ne l’écoute pas. » (3)
Al-Bukhârî écrit également dans al-Adab al-mufrad : « Chapitre : La piété filiale tant qu’elle n’entraîne pas de désobéissance. » (4)
Au sujet du verset : « Nous avons enjoint à l’homme d’être bienfaisant envers ses parents ; mais s’ils te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas » (5), les exégètes expliquent : la bienfaisance envers les parents est une obligation prescrite par Allah. Aussi, si le serviteur abandonnait l’adoration d’Allah pour complaire à ses parents, il délaisserait ainsi l’obéissance due à Allah.