Relève de la même catégorie la parole de certains criminels de notre temps à l’égard des croyants : « Ils sont complexés, rétrogrades, rigides ; ils ont gâché leur vie, sacrifié leur jeunesse », et ainsi de suite.
De ce niveau est également l’hostilité dirigée contre un croyant en raison de sa piété. En effet, si l’inimitié porte à juste titre sur des intérêts purement mondains, elle ne comporte pas de faute ; si elle est infondée, c’est un péché. Mais haïr un musulman et le combattre parce qu’il est religieux et attaché à l’islam constitue une mécréance, un obstacle dressé sur la voie d’Allah et une déclaration de guerre contre Lui. Dans un ḥadith sacré, Allah dit : « Quiconque manifeste de l’hostilité envers un de Mes alliés M’a, en vérité, défié par la guerre. » Tel est le texte rapporté par Abû Umâmah et d’autres. Selon ʿÂʾisha : « … il a rendu licite le fait de Me combattre. » Et, dans la version d’Abû Hurayra : « … Je lui déclare la guerre. »
On peut également évoquer, dans le même sens, ce qu’imâm Aḥmad rapporte dans son ouvrage Az-Zuhd, avec sa chaîne de transmission, d’après Wahb ibn Munabbih : Allah, exalté soit-Il, dit à Moïse – lorsqu’Il lui parla : « Sache que quiconque humilie l’un de Mes alliés ou l’effraie M’a défié au combat, s’est fait Mon ennemi, s’est exposé à Ma riposte et M’y a convié. Or, rien n’est plus prompt que Mon secours pour Mes alliés. Celui qui Me fait la guerre pense-t-il pouvoir Me tenir tête ? Celui qui M’affronte s’imagine-t-il Me réduire à l’impuissance ? Celui qui Me provoque croit-il pouvoir Me distancer ou Me fuir ? Comment le pourrait-il quand c’est Moi qui Me venge pour eux, ici-bas et dans l’au-delà, et que Je ne confie jamais leur défense à un autre que Moi ? »
Le temps qui fit blanchir nos tempes s’en est allé ;
voici l’ère d’une jeunesse athée.
Ils nous raillent parce que nous adorons notre Seigneur
et parce que, parmi ceux qui veillent, nous gardons Son alliance.
Ils taxent cet attachement de passéisme
et en font une insulte lancée aux croyants.
À ceux qui prient lorsqu’ils se prosternent,
ils adressent autant de médisances qu’à ceux qui jeûnent.
Dans la « loi » qu’ils se sont forgée, la morale est abrogée :
ils la relèguent aux vétilles des esprits figés.
Si l’on transmet la religion, ils crient à la discorde,
allumée, disent-ils, en Égypte par quelques fauteurs de trouble.
Le désordre s’est répandu ; n’est-il pas de réformateur ?
Réparez-le, ô jeunesse musulmane ! (1)