d’un musulman, jamais (1). — Allah, le Très-Haut, dit au sujet des mécréants : « Ceux qui commettent des forfaits riaient de ceux qui croyaient (29) ; et lorsqu’ils passaient près d’eux, ils se faisaient des clins d’œil » (2).
Se moquer d’un musulman peut viser un trait physique ou moral ; c’est alors un péché, non une mécréance, conformément à la parole du Très-Haut : « Ô vous qui croyez ! Qu’un groupe ne raille pas un autre ; peut-être sont-ils meilleurs qu’eux » (3).
En revanche, si la raillerie s’en prend à la création d’Allah — exalté soit-Il — et à Son œuvre, elle constitue une mécréance, car il s’agit là de l’un des signes d’Allah. Il arrive aussi qu’on se moque du musulman à cause de son islam : on le tourne en dérision parce qu’il s’attache à un rite de l’islam ou accomplit un acte de foi. Dans ce cas, la moquerie vise directement la religion et l’acte est un kufr (mécréance).
Ainsi, lors de l’expédition de Tabûk, un homme déclara : « Nous n’avons jamais vu gens plus voraces d’estomac, plus menteurs de langue, ni plus lâches face à l’ennemi que ces lecteurs [du Coran] » — il visait les compagnons. Lorsque ses paroles parvinrent au Prophète ﷺ, l’homme vint s’excuser en disant : « Nous ne faisions que bavarder et plaisanter. » Alors fut révélé : « Les hypocrites craignent qu’une sourate ne soit descendue contre eux pour leur révéler ce qu’ils portent dans leurs cœurs. Dis : “Moquez-vous donc ! Allah fera paraître ce que vous redoutez.” (64) Si tu les interroges, ils diront certainement : “Nous ne faisions que parler et nous divertir.” Dis : “Est-ce donc d’Allah, de Ses signes et de Son Messager que vous vous moquiez ? (65) Ne vous excusez pas ! Vous avez bel et bien mécru après avoir eu la foi. Si Nous pardonnons à une partie d’entre vous, Nous en châtierons une autre pour avoir été des criminels.” » (4).
Railler un musulman en raison même de son islam est donc un acte de mécréance, car en vérité c’est l’islam qu’on raille et la Loi qu’on attaque. Allah — Très-Haut — dit : « Aujourd’hui, ceux qui ont cru rient des mécréants » (5), désignant ainsi ces derniers comme mécréants. Et Il dit encore : « La vie de ce bas monde a été enjolivée aux yeux de ceux qui ont mécru, et ils se moquent de ceux qui ont cru » (6).