noirs et glacés au cœur de l’hiver : voilà un indice, un signe qu’il va pleuvoir.
Ils affirment (1) : « Il en va de même des actes d’obéissance et de la récompense, comme de la mécréance et des péchés et du châtiment : il ne s’agit, selon nous, que de simples indicateurs attestant l’arrivée de la récompense ou du châtiment, et non de causes qui les engendrent. »
De la même façon, à leurs yeux, la fracture avec l’objet brisé, l’incendie (2) avec la brûlure, ou l’atteinte mortelle avec la mise à mort : rien de tout cela n’est une cause ; il n’existe entre chacun de ces phénomènes et son corollaire qu’un simple accompagnement habituel, dépourvu de toute efficacité causale (3).
Par cette thèse, ils s’opposent au bon sens, à la raison, à la révélation, à la nature innée et à l’avis de toutes les catégories de gens doués d’intelligence ; ils deviennent même la risée des véritables esprits (4) !
La position correcte est qu’il existe ici une troisième voie que le questionneur n’a pas mentionnée : l’événement prédestiné (5) l’a été avec ses causes, et la supplication figure parmi ces causes. Il n’a donc pas été décrété séparément de sa cause, mais bien par son intermédiaire. Aussi, lorsque le serviteur accomplit la cause, l’événement prédestiné se réalise (6) ; et lorsqu’il l’abandonne, l’événement ne se produit pas. C’est ainsi que la satiété et la désaltération ont été prédestinées par l’alimentation et la boisson, l’enfant par le rapport conjugal, la récolte par les semailles, et la sortie de l’âme de l’animal par son abattage (7). De la même manière, l’entrée au Paradis a été prédestinée par les œuvres.