Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

…qu’il convient de se référer en la matière. Aucun spécialiste digne de confiance dans la science du ḥadith n’a authentifié – ni même jugé « acceptable » – ce récit, et l’on ne se tourne vers aucun d’eux pour le valider (1). Quant à ceux qui, d’ordinaire, se montrent tolérants et accommodants, ils ne se sont même pas donné la peine de le classifier (2). Il suffit de rappeler qu’Ibn Ṭâhir – pourtant enclin à laxisme lorsqu’il s’agit des traditions liées au soufisme, qu’il transmet indistinctement, solides ou faibles, « étranglées » ou « assommées » – l’a rejeté et en a déclaré la nullité (3).

Certes, il n’est nullement étonnant qu’un tel propos soit rapporté d’Ibn ʿAbbâs. Abû Muḥammad Ibn Ḥazm rapporte qu’on l’interrogea sur celui qui meurt d’amour ; il répondit : « Victime de la passion ; ni prix du sang ni talion ! » (4). À ʿArafât, on lui présenta un jeune homme qui était devenu (5) chétif comme un oisillon. Il demanda : « Que lui arrive-t-il ? » – « L’amour », lui répondit-on. Il passa alors la plus grande partie de la journée à implorer la protection contre l’amour (6). Telle est la source de cette maxime : « Quiconque aime passionnément, se préserve, dissimule son sentiment et meurt ainsi est un martyr. »

Par ailleurs, dans le ḥadith authentique où le Prophète ﷺ énumère les martyrs, il cite le combattant tombé au djihad, celui qui meurt d’une affection abdominale, la victime d’un incendie, la femme morte en couches, le noyé et celui qui succombe à la pleurésie (7) ; il n’y a pas inclus l’amoureux que l’amour aurait tué.

(1) Dans F et L : « l’authentique » ; c’est une altération. (2) Dans L : *yatîf* ; c’est une déformation graphique. *Tannafahu bi-l-amr* signifie : l’accuser de cette chose ; *tannafa li-l-amr* : s’en rendre coupable ; et *tannafa nafsahu ilâ al-shay’* : pousser son âme à espérer cette chose. Le sens visé est peut-être que même celui qui se montre indulgent n’a pas pris la peine de vérifier l’authenticité du hadith. (3) Il le mentionne dans *Tadhkirat al-mawdû‘ât*, p. 91, comme indiqué précédemment. (4) *Tawq al-hamâma*, p. 6. Dans S, les mots « sans raison » ont été omis. (5) Dans Z : *sâra*, sans *qad*. (6) Sa source a déjà été indiquée, n° 498. (7) L’imam Mâlik le rapporte dans *al-Muwatta’*, livre des funérailles, chapitre sur l’interdiction de pleurer le défunt (n° 555), d’après Jâbir ibn ‘Atîk. Al-Nawawi a dit : « Ce hadith qui =
يرجع في هذا الشأن. وما صحّحه، بل ولا حسّنه أحد يُعوَّل في علم الحديث عليه، ويُرجَع في التصحيح (١) إليه؛ ولا مَن عادتُه التساهل والتسامح، فإنّه لم يُطنِّف (٢) نفسَه له. ويكفي أن ابن طاهر الذي يتساهل في أحاديث التصوف، ويروي منها الغثّ والسمين والمنخنقة والموقودة قد أنكره، وحكم ببطلانه (٣). نعم، ابن عبّاس غير مستنكَر ذلك عنه. وقد ذكر أبو محمَّد بن حزم عنه أنَّه سئل عن الميت عشقًا، فقال: قتيل الهوى، لا عقل ولا قود! (٤) ورُفِع إليه بعرفات شابّ قد صار (٥) كالفرخ، فقال: ما شأنه؟ قالوا: العشق. فجعل عامة يومه يستعيذ من العشق (٦). فهذا نفَس من قال: من عشِق وعفَّ وكتَم ومات، فهو شهيد. ومما يوضح ذلك أنّ النبي ﷺ عدّ الشهداء في الصحيح، فذكر المقتول في الجهاد، والمبطون، والحرِق، والنفَساء يقتلها ولدها، والغرِق، وصاحب ذات الجنب (٧)، ولم يعُدّ منهم العاشق يقتله العشق.
(١) ف، ل: "الصحيح"، تحريف. (٢) ل: "يطيف"، تصحيف. طنّفه بالأمر: اتهمه به. وطنّف للأمر: قارفه. وطنّف نفسه إلى الشيء: أدناها إلى الطمع فيه. ولعل المقصود أن المتساهل أيضًا لم يدفع نفسه إلى تصحيح الحديث. (٣) وذكره في تذكرة الموضوعات (٩١) كما سبق. (٤) طوق الحمامة (٦). وقد سقط من س "لا عقل". (٥) ز: "صار" دون "قد". (٦) سبق تخريجه (٤٩٨). (٧) أخرجه الإِمام مالك في الموطأ، كتاب الجنائز، باب النهي عن البكاء على الميت (٥٥٥) من حديث جابر بن عتيك. قال النووي: "وهذا الحديث الذي =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies