C’est précisément cette passion qui a attiré sur le peuple de Lût le châtiment qu’il a subi ; ils n’ont été éprouvés que pour s’être abandonnés à cet amour déréglé. Le Très-Haut a dit : « Par ta vie ! Les voilà, aveuglés, errant dans leur ivresse. » (s. al-Hijr, 15 : 72).
Le remède à ce mal dévastateur consiste à implorer l’aide de Celui qui retourne les cœurs, à recourir à Lui d’une supplication sincère, à s’occuper de Son rappel, à remplacer cette passion par l’amour d’Allah et par la recherche de Sa proximité, et à méditer sur la douleur que ce penchant laissera derrière lui ainsi que sur le plaisir durable qu’il fait manquer. En effet, il entraîne la perte du Bien-aimé suprême et l’obtention du pire malheur. Si l’âme persiste pourtant et le préfère, qu’on prononce sur elle le takbîr (l’exclamation « Allahu akbar ») que l’on prononce sur le défunt, et qu’on sache alors que l’épreuve l’a cernée de toutes parts !
La troisième catégorie de passion est un amour permis, que l’on ne peut empêcher : par exemple, l’attirance de celui à qui l’on a décrit une femme d’une grande beauté, ou qui l’aperçoit soudainement sans l’avoir cherché, de sorte qu’il en tombe amoureux sans que cela ne le conduise à commettre un péché. Cet amour n’est pas répréhensible et ne fait l’objet d’aucune punition. Ce qu’il y a de plus profitable pour lui est de le repousser et de s’occuper de ce qui lui sera plus utile. Il lui incombe de garder le secret, de rester chaste et de patienter face à son épreuve ; Allah le récompensera pour cela, Le dédommageant pour la patience qu’il aura manifestée envers Lui, pour sa chasteté, pour avoir refusé d’obéir à sa passion et pour avoir préféré l’agrément d’Allah et ce qu’il y a auprès de Lui.