L’imâm Aḥmad ajoute, dans son Kitâb az-Zuhd (1), au sujet de ce ḥadith : « Je puis patienter face à la faim et à la soif, mais je ne saurais me passer d’elles. »
Les ennemis d’Allah parmi les juifs le jalousèrent pour cela et déclarèrent : « Tout ce qui le préoccupe, c’est le mariage. » Allah, exalté soit-Il, prit alors la défense de Son Messager et plaida sa cause en disant : « Ou bien envient-ils les gens pour ce qu’Allah leur a accordé de Sa grâce ? Or Nous avons donné à la famille d’Abraham le Livre et la sagesse, et Nous leur avons octroyé un royaume immense. » (Les Femmes, 54) (2).
Ainsi, l’ami intime d’Allah, Abraham, imam des hanîfes, avait auprès de lui Sarah, l’une des plus belles femmes de son époque ; il aimait également Hâjar, qu’il prit comme concubine.
De même, David possédait déjà quatre-vingt-dix-neuf épouses ; il s’éprit d’une autre femme, l’épousa et porta ainsi le nombre à cent (3).
(1) Le traitement de cet ajout a déjà été exposé p. 483.
(2) Rapporté par Ibn Abi Hatim dans son Tafsir (t. 3, n° 5470), ainsi que par al-Tabari, par l’intermédiaire d’al-Awfi, d’après Ibn Abbas. Sa chaîne de transmission est extrêmement faible. Des propos similaires sont également rapportés de Saïd ibn Jubayr, d’al-Suddi, d’al-Dahhak et d’Atiyya (z). Cette interprétation est éloignée du contexte. L’interprétation correcte est la suivante : « Le mérite mentionné ici désigne la prophétie par laquelle Allah a distingué Muhammad et honoré les Arabes, puisqu’Il l’a accordée à l’un des leurs à l’exclusion des autres… », comme l’a dit Ibn Jarir (t. 8, p. 479).
Dans son Tafsir (t. 1, p. 486), Ibn Kathir ne mentionne absolument aucune autre interprétation : « Cela signifie qu’ils enviaient le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — pour la sublime prophétie qu’Allah lui avait accordée. Ce qui les empêchait de croire en lui, c’était leur jalousie à son égard, parce qu’il était arabe et non issu des enfants d’Israël. » Mais qu’est-ce qui aurait poussé les Juifs à envier le Prophète pour cela ? Était-ce interdit pour eux ou pour leurs prophètes ? (s.)
(3) Un récit apocryphe, comme cela a déjà été indiqué (p. 529 et 554).