Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Lorsque les Compagnons se réunissaient et qu’Abû Mûsâ se trouvait parmi eux, ils disaient : « Ô Abû Mûsâ, rappelle-nous notre Seigneur. » Alors il se mettait à réciter et eux l’écoutaient avec recueillement (1).

Aussi les amoureux du Coran éprouvent-ils, en matière d’extase, de délice, de suavité et de joie, des bonheurs incomparablement supérieurs à ceux que goûtent les adeptes de l’écoute satanique. Ainsi, lorsque tu vois un homme dont la sensibilité, l’émotion, l’allégresse et l’ivresse (2) se manifestent à l’audition de quelques couplets plutôt qu’à celle des versets, à l’écoute des mélodies plutôt qu’à celle du Coran, il confirme parfaitement le dicton :

On termine pour toi la khatma (lecture intégrale du Coran)
— et tu demeures figé comme la pierre ;
Qu’on te déclame un simple vers de poésie,
— tu te balances tel un homme ivre.

(1) Rapporté par Abu Ubayd dans *Fada’il al-Qur’an* (79), al-Darimi dans ses *Sunan* (3539, 3536), Ibn Hibban dans son *Sahih* (7196), Abu Nu‘aym dans *Hilyat al-awliya’* (1/258), al-Bayhaqi dans *al-Sunan al-kubra* (10/231), ainsi que par d’autres, selon plusieurs chaînes remontant à al-Zuhri, d’après Abu Salama ibn Abd al-Rahman ibn Awf, qui rapporte : « Umar ibn al-Khattab… », puis il le mentionne. Sa chaîne de transmission est faible en raison d’une rupture : Abu Salama n’a pas rencontré Umar ibn al-Khattab. Voir *Jami al-tahsil* (378). Il a également été rapporté par Ja‘far ibn Burqan, d’après Habib ibn Abi Marzuq, qui dit : « On nous a rapporté que Umar ibn al-Khattab… », puis il le mentionne. Il a aussi été rapporté par Abu Nadra al-Mundhir ibn Malik al-Abdi, qui dit : « Umar dit à Abu Musa… », puis il le mentionne. Ces deux versions sont rapportées par Ibn Sa‘d dans *al-Tabaqat* (4/109). Je dis : Habib rapporte d’après Nafi, Urwa et Ata ; il n’a donc pas rencontré Umar. Quant à Abu Nadra, il a entendu des Compagnons de la génération la plus jeune, tels qu’Ibn Abbas et Abu Sa‘id al-Khudri ; il est donc possible qu’il ait reçu ce récit d’eux. Cela indique que ce propos rapporté possède un fondement. Et Allah sait mieux. (2) Dans le manuscrit F : « shawwaqahu ». Dans le manuscrit L : « tushawwiqahu ». Ces deux lectures sont des altérations textuelles. (3) Dans le manuscrit S : « yaqra’ ». (4) Dans les manuscrits S et L : « bayt », sans la conjonction « wa » qui le précède. Dans le manuscrit F : « wa-bayt shi‘r ». Dans le manuscrit Khb : « bayt al-shi‘r ». (5) Dans le manuscrit F : « fa-tamil » ; dans le manuscrit L : « comme l’homme ivre ».
وكان الصحابة إذا اجتمعوا وفيهم أبو موسى يقولون: يا أبا موسى ذكّرنا ربَّنا، فيقرأ وهم يستمعون (١). فلمحبّي القرآن من الوجد والذوق واللذة والحلاوة والسرور أضعافُ ما لمحبي السماع الشيطاني. فإذا رأيت الرجل: ذوقَه وجدَه وطربَه ونشوتَه (٢) في سماع الأبيات دون سماع الآيات، وفي سماع الألحان دون سماع القرآن، وهو كما قيل: تُقرا عليكَ الختمَه (٣) … وأنتَ جامِدْ كالحجَرْ وبيتٌ من الشعرِ يُنْشَدْ (٤) … تَميلُ كالنَّشْوانْ (٥)
(١) أخرجه أبو عبيد في فضائل القرآن (٧٩) والدارمي في سننه (٣٥٣٩،٣٥٣٦) وابن حبان في صحيحه (٧١٩٦) وأبو نعيم في الحلية (١/ ٢٥٨) والبيهقي في الكبرى (١٠/ ٢٣١) وغيرهم من طرق عن الزهري عن أبي سلمة بن عبد الرحمن بن عوت قال: وكان عمر بن الخطاب، فذكره. وسنده ضعيف للانقطاع، فأبو سلمة لم يدرك عمر بن الخطاب. انظر جامع التحصيل (٣٧٨). ورواه جعفر بن برقان عن حبيب بن أبي مرزوق قال: بلغنا أن عمر بن الخطاب، فذكره. ورواه أبو نضرة المنذر بن مالك العبدي قال: قال عمر لأبي موسى، فذكره. أخرجهما ابن سعد في الطبقات (٤/ ١٠٩). قلت: حبيب يروي عن نافع وعروة وعطاء، فهو لم يدرك عمر. وأبو نضرة سمع من صغار الصحابة كابن عباس وأبي سعيد الخدري فلعله تلقّاه منهم. وهذا يدل على أن لهذا الأثر أصلًا، والله أعلم. (٢) ف: "شوقه". ل: "تشوقه"، وكلاهما تصحيف. (٣) س:"يقرأ". (٤) في س، ل: "بيت" دون الواو قبلها. وفي ف: "وبيت شعر". وفي خب: "بيت الشعر". (٥) ف: "فتميل". ل: "كالسكران".

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