— dans ton cœur ; et le plaisir que t’apporte son écoute dépasse de loin celui qu’éprouvent les amateurs (1) de distractions et de chants enivrants (2) lorsque ceux-ci résonnent à leurs oreilles, car il est bien établi que quiconque aime véritablement un Bien-Aimé tient ses paroles et ses propos pour ce qu’il chérit le plus. Comme le dit ce vers :
Si tu prétends m’aimer,
Pourquoi donc as-tu délaissé mon Livre ?
N’as-tu pas contemplé
La suavité de mon discours qu’il recèle ? (3)
ʿUthmân b. ʿAffân — qu’Allah l’agrée — affirmait : « Si nos cœurs étaient purs, ils ne se rassasieraient jamais (4) de la Parole d’Allah. » (5)
Comment l’amant pourrait-il se lasser des paroles de son Bien-Aimé alors qu’elles constituent l’ultime objet de sa quête ?
Le Prophète ﷺ dit un jour à ʿAbd Allâh b. Masʿûd : « Récite-moi [le Coran]. » — « Te le réciter alors qu’il t’a été révélé ? » répondit-il. Le Prophète reprit : « J’aime l’entendre de la bouche d’un autre. » ʿAbd Allâh entama alors la sourate an-Nisâʾ, et lorsqu’il parvint au verset : « Comment sera-t-il donc lorsque Nous ferons venir de chaque communauté un témoin, et que Nous te ferons venir comme témoin contre ceux-ci ? » (4:41), le Prophète ﷺ l’interrompit : « Cela suffit. » Il leva alors la tête et vit que les yeux du Messager d’Allah ﷺ ruisselaient de larmes. (6)