lui accordant encore Sa garde et Sa protection tandis qu’il assouvit son désir de désobéissance, sous Son propre regard, et qu’il se sert de Ses bienfaits pour la commettre : voilà l’un des motifs les plus puissants qui invitent à L’aimer.
Si une créature faisait pour une autre ne fût-ce qu’une infime partie de cela, le cœur de celle-ci ne pourrait s’empêcher de l’aimer. Comment donc le serviteur ne L’aimerait-il pas de tout son cœur et de tous ses membres alors qu’Il le comble continuellement de bienfaits, à chaque respiration, malgré ses propres fautes ?
Ses largesses descendent vers lui, alors que ses mauvaises actions montent vers Lui ; Allah cherche à se faire aimer de lui par Ses bienfaits alors qu’Il se passe de lui, tandis que le serviteur se rend odieux à Lui par ses péchés alors qu’il est dans le plus grand besoin de Lui (1). Ni la bienveillance, la générosité et les grâces de son Seigneur ne le retiennent de désobéir, ni la désobéissance du serviteur et sa bassesse ne coupent l’afflux de Sa bonté !
La plus ignoble des bassesses consiste donc pour les cœurs à se détourner de l’amour de Celui qui agit ainsi et à s’attacher à l’amour d’un autre que Lui.
Par ailleurs, toute créature que tu aimes et qui t’aime ne te veut, en réalité, que pour elle-même et pour l’avantage qu’elle escompte de toi, tandis qu’Allah te veut pour toi-même. Selon le hadith qudsî : « Ô Mon serviteur, tous te veulent pour eux-mêmes, et Moi, Je te veux pour toi » (2). Comment le serviteur n’aurait-il pas honte, alors que son Seigneur se tient envers lui dans cette position (3), de se détourner de Lui, occupé par l’amour d’un autre, son cœur entièrement absorbé (4) par l’amour d’un être différent ?
De plus, toute personne avec laquelle tu traites, parmi les créatures, ne le fera que si elle peut réaliser un profit grâce à toi ; si elle n’y gagne rien, elle ne traitera pas avec toi.