et l’on fit immoler les bêtes. Nous déclarâmes alors : « Nous ne goûterons rien de ta table avant que tu n’aies satisfait notre requête. » — « Quelle est donc votre demande ? » répondit-il. Nous dîmes : « Nous venons solliciter la main de ta noble fille pour ʿUtba b. al-Ḥabbāb b. al-Mundhir. » Il reprit : « Celle que vous demandez dispose de son sort ; je vais entrer la consulter(1). »
Il pénétra donc, irrité, auprès de sa fille. Elle dit : « Père, pourquoi vois-je la colère sur ton visage ? » — « Les Anṣâr sont venus te demander(2) en mariage. » Elle répondit : « De nobles seigneurs(3) pour qui le Prophète ﷺ a imploré le pardon ! De la part de qui vient cette demande ? » — « De ʿUtba b. al-Ḥabbāb », répondit-il. Elle dit : « Par Allah, j’ai entendu dire de ce ʿUtba qu’il tient ses promesses et atteint son but lorsqu’il s’y applique. » Il répliqua : « Je jure que jamais je ne te marierai à lui ; il m’est même parvenu quelque rumeur de vos entretiens. » — « Il n’en fut rien(5), mais puisque tu as juré, on ne repousse pas les Anṣâr d’un refus discourtois ; réponds-leur donc avec égards. » — « Et comment faire ? » demanda-t-il. — « Fixe-leur une dot exorbitante(8) ; ils rebrousseront chemin sans donner suite. » — « Quel excellent conseil ! » s’exclama-t-il.
Puis il sortit précipitamment et déclara : « La jeune fille de la tribu a donné son accord, mais je souhaite pour elle… »