Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

S’il en vient à solliciter l’aide d’un tiers chargé de rallier la personne convoitée, que ce soit par l’appât d’un avantage ou sous l’effet de la crainte, l’injustice franchit alors un nouveau seuil et se propage ; et cet intermédiaire devient à son tour un dayyûth (un homme dénué de jalousie protectrice), coupable d’iniquité. Or, si le Prophète ﷺ a voué aux malédictions « ar-râʾish » – cet entremetteur qui fait transiter la corruption entre le corrupteur et le corrompu –, que penser du dayyûth servant d’intermédiaire entre l’amoureux et l’objet de sa passion pour leur permettre une relation illicite ? L’amoureux et le dayyûth conjuguent alors leurs efforts pour léser la personne désirée, ainsi que quiconque doit être sacrifié – dans sa vie, ses biens ou son honneur – pour qu’ils parviennent à leurs fins. Souvent, leur dessein exige de supprimer une âme dont la simple existence fait obstacle à leur projet ; que de victimes ainsi tombées : époux, maîtres, parents dont le sang a coulé en vain ! Combien de femmes ont été détournées de leur mari, combien de servantes ou d’esclaves ont été soustraites à leur maître ! Et il a maudit…

(1) Dans les manuscrits F et L : « par crainte ». (2) Dans le manuscrit S : « injustement », ce qui est une erreur. (3) Ahmad l’a rapporté dans le *Musnad* (5/279, no 22399), ainsi que d’autres, par l’intermédiaire de Layth ibn Abi Sulaym, d’après Abu al-Khattab, d’après Abu Zur‘a, d’après Thawban, qui a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a maudit celui qui donne un pot-de-vin, celui qui le reçoit et l’intermédiaire entre eux. » La chaîne de transmission de ce hadith repose sur Layth, dont la mémoire était faible et qui a rapporté ce hadith de manière très divergente. En outre, Abu al-Khattab est inconnu, et Abu Zur‘a n’a pas entendu ce hadith de Thawban. Le terme « intermédiaire » n’a été rapporté que par Layth. Voir les différentes chaînes de transmission dans l’édition critique du *Musnad* (37/86). Al-Hakim, al-Mundhiri et al-Haythami ont jugé ce hadith faible. Je dis : il est également rapporté d’après Abd Allah ibn Amr que celui-ci a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a maudit celui qui donne un pot-de-vin et celui qui le reçoit. » Ce hadith a été rapporté par al-Tirmidhi (no 1327), Ibn al-Jarud (no 586), Ibn Hibban (no 5077), al-Hakim (4/115, no 7066), ainsi que par d’autres. Al-Tirmidhi, Ibn al-Jarud, Ibn Hibban, al-Hakim et d’autres l’ont jugé authentique. (4) Dans les manuscrits F et Z : « celui » au lieu de « l’intermédiaire ». (5) Dans le manuscrit F : « khabbaba ». *Khabbaba* signifie : tromper et corrompre, comme dans le hadith auquel l’auteur fait allusion : « Celui qui dresse un esclave contre ses maîtres n’est pas des nôtres, et celui qui corrompt une femme contre son mari —
فإن استعان عليه بمن يستميله إليه، إما برغبة أو رهبة (١)، تعدّى الظلم وانتشر، وصار ذلك الواسطة ديّوثًا ظالمًا (٢). وإذا كان النبي ﷺ قد لعن الرائش (٣) -وهو الواسطة بين الراشي والمرتشي في إيصال الرشوة- فما الظنّ بالديوث الواسطة (٤) بين العاشق والمعشوق في الوصلة المحرّمة؟ فيتساعد العاشق والديّوث على ظلم المعشوق وظلم غيره ممن يتوقف حصول غرضهما على ظلمه في نفس أو مال أو عرض. فإنّه كثيرًا ما يتوقف المطلوب فيه على قتل نفسٍ تكون حياتها مانعةً من غرضه. فكم من قتيل طُلّ دمه بهذا السبب من زوج وسيّد وقريب! وكم خُبِّبت (٥) امرأة على بعلها، وجارية وعبد على سيّدهما! وقد لعن
(١) ف، ل: "برهبة". (٢) س: "ظلمًا"، خطأ. (٣) أخرجه أحمد في المسند ٥/ ٢٧٩ (٢٢٣٩٩) وغيره من طريق ليث بن أبي سليم عن أبي الخطاب عن أبي زرعة عن ثوبان قال: "لعن رسول الله ﷺ الراشي والمرتشي والرائش". والحديث مداره على ليث وهو ضعيف الحفظ وقد اضطرب فيه كثيرًا. وأيضًا أبو الخطاب مجهول، وأبو زرعة لم يسمع من ثوبان. ولفظة "الرائش" لم يروها إلا ليث. انظر طرقه في تحقيق المسند (٣٧/ ٨٦). والحديث ضعفه الحاكم والمنذري والهيثمي. قلت: وورد عن عبد الله بن عمرو أنه قال: "لعن رسول الله ﷺ الراشي والمرتشي". أخرجه الترمذي (١٣٢٧) وابن الجارود (٥٨٦) وابن حبان (٥٠٧٧) والحاكم ٤/ ١١٥ (٧٠٦٦) وغيرهم. والحديث صححه الترمذي وابن الجارود وابن حبان والحاكم وغيرهم. (٤) ف ز: "الذي" مكان "الواسطة". (٥) ف: "خُبّب". وختبت، أي خدعت وأفسدت، كما في الحديث الذي أشار إليه المؤلف: "من خبّب عبدًا على أهله فليس منا، ومن أفسد امرأة على زوجها =

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