Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Bien plus, si la personne présumée compromise se met elle-même à parler de son cas – mentant et calomniant autrui –, on croit à sa version avec une certitude qui ne souffre aucune contestation ; et que les deux protagonistes se trouvent par hasard au même endroit, l’on en conclut aussitôt qu’ils s’y sont donné rendez-vous d’un commun accord.

Dans ce domaine, la conviction des gens repose sur les simples soupçons, les constructions imaginaires, les faux-semblants, les illusions et les récits mensongers, avec la même assurance que s’il s’agissait de faits tangibles constatés de leurs propres yeux.

C’est ainsi que les auteurs de la calomnie s’en sont pris à la Pure, la Purifiée, l’aimée du Messager d’Allah ﷺ – celle dont l’innocence fut proclamée depuis au-delà des sept cieux – sous prétexte que Ṣafwân ibn al-Muʿaṭṭal l’avait raccompagnée seul à l’arrière de l’armée ; il en périt donc qui devait périr. Si Allah – exalté soit-Il – n’avait Lui-même pris en charge sa justification, défendu son honneur et confondu ses diffamateurs, l’affaire aurait connu une tout autre issue.

En définitive, lorsqu’un passionné éprouvé affiche publiquement son amour pour une personne avec laquelle il ne lui est pas licite de nouer un lien, il commet à son encontre – ainsi qu’à l’égard de sa famille – une injustice et un tort manifeste, et il offre à nombre de gens l’occasion de donner crédit à leurs suppositions à son sujet.

(1) Dans le manuscrit F : « par lui-même ». (2) Dans le manuscrit Z : « la réfutation ». (3) Dans le manuscrit Z : « l’illusion et le doute ». (4) Dans le manuscrit Z : « qu’Allah, exalté soit-Il, a pris en charge… ». (5) Dans les manuscrits F et Z : « une affaire » au nominatif. De même, l’expression « sinon » apparaît ici dans tous les manuscrits ; il s’agit d’un usage populaire qui se répète dans les ouvrages de l’auteur. Voir Tariq al-hijratayn, p. 44. La formulation correcte consiste à supprimer ce mot. Dans l’édition de Médine et dans d’autres éditions, on lit : « il l’aurait calomniée » ; il s’agit probablement d’une correction apportée par les éditeurs. Le récit de la calomnie a été rapporté par al-Bukhari dans le Livre des témoignages, chapitre : « L’impartialité des femmes les unes envers les autres » (2661), et par Muslim dans le Livre du repentir, chapitre : « Le récit de la calomnie » (2770), d’après Aïcha, qu’Allah l’agrée. (6) Dans le manuscrit F : « par amour passionnel » ; erreur.
بل إذا أخبرهم المفعول به عن نفسه (١) كذبًا وافتراءً على غيره جزموا بصدقه جزمًا لا يحتمل النقيض (٢)، بل لو جمعهما مكان واحد اتفاقًا جزموا أنّ ذلك عن وعد واتفاق بينهما. وجزمُهم في هذا الباب على الظنون والتخيّل والشُّبَه (٣) والأوهام والأخبار الكاذبة، كجزمهم بالحسّيّات المشاهَدة. وبذلك وقع أهل الإفك في الطيِّبة المطيّبة حبيبةِ رسول الله ﷺ، المبرَّأةِ من فوق سبع سماوات، بشبهة مجيء صفوان بن المعطَّل بها وحده خلف العسكرة حتى هلك من هلك. ولولا أنْ تولّى الله سبحانه (٤) براءتَها والذبَّ عنها وتكذيبَ قاذفها، وألّا كان أمرًا آخر (٥). والمقصود أنّ في إظهار المبتلَى عشقَ (٦) من لا يحِلّ له الاتصالُ به من ظلمه وأذاه ما هو عدوان عليه وعلى أهله، وتعريض لتصديق كثير من الناس ظنونهم فيه.
(١) ف: "به نفسُه". (٢) ز: "النقض". (٣) ز: "التخييل والشبهة". (٤) ز: "أن الله سبحانه تولى". (٥) ف، ز: "أمر" بالرفع. وكذا وقع "وإلّا" هنا في جميع النسخ، وهو استعمال عامّي تكرّر في كتب المؤلف. انظر طريق الهجرتين (٤٤). والوجه حذفها. وفي ط المدني وغيرها: "قاذفها لكان"، ولعله إصلاح من الناشرين. وقصة الإفك أخرجها البخاري في الشهادات، باب تعديل النساء بعضهن بعضًا (٢٦٦١)؛ ومسلم في التوبة، باب في حديث الإفك (٢٧٧٠) من حديث عائشة (عليه السلام). (٦) ف: "بعشق"، خطأ.

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