Bien plus, si la personne présumée compromise se met elle-même à parler de son cas – mentant et calomniant autrui –, on croit à sa version avec une certitude qui ne souffre aucune contestation ; et que les deux protagonistes se trouvent par hasard au même endroit, l’on en conclut aussitôt qu’ils s’y sont donné rendez-vous d’un commun accord.
Dans ce domaine, la conviction des gens repose sur les simples soupçons, les constructions imaginaires, les faux-semblants, les illusions et les récits mensongers, avec la même assurance que s’il s’agissait de faits tangibles constatés de leurs propres yeux.
C’est ainsi que les auteurs de la calomnie s’en sont pris à la Pure, la Purifiée, l’aimée du Messager d’Allah ﷺ – celle dont l’innocence fut proclamée depuis au-delà des sept cieux – sous prétexte que Ṣafwân ibn al-Muʿaṭṭal l’avait raccompagnée seul à l’arrière de l’armée ; il en périt donc qui devait périr. Si Allah – exalté soit-Il – n’avait Lui-même pris en charge sa justification, défendu son honneur et confondu ses diffamateurs, l’affaire aurait connu une tout autre issue.
En définitive, lorsqu’un passionné éprouvé affiche publiquement son amour pour une personne avec laquelle il ne lui est pas licite de nouer un lien, il commet à son encontre – ainsi qu’à l’égard de sa famille – une injustice et un tort manifeste, et il offre à nombre de gens l’occasion de donner crédit à leurs suppositions à son sujet.