…des intérêts, leur perfection, la suppression des nuisances et, à défaut, leur atténuation. Aussi, lorsqu’un homme doué de raison se voit confronté à une affaire où il discerne à la fois un avantage et un inconvénient, deux obligations s’imposent à lui : l’une tient au savoir, l’autre à la pratique.
L’obligation intellectuelle consiste à déterminer laquelle des deux, la mèche du bénéfice ou celle du préjudice, l’emporte ; dès que la prépondérance est établie, il lui incombe de privilégier ce qui lui est le plus profitable.
Or il est notoire que la passion amoureuse pour les formes n’apporte ni bienfait religieux ni utilité mondaine ; au contraire, les dommages qu’elle provoque dans les deux domaines dépassent de beaucoup – et de manière répétée – le moindre bien qu’on pourrait lui attribuer. Cette nocivité se manifeste de plusieurs manières :
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Elle détourne l’homme de l’amour du Créateur, exalté soit-Il, et du rappel constant qui Lui est dû, pour l’occuper de l’amour d’une créature et du souvenir de celle-ci. Ces deux amours ne peuvent cohabiter dans un même cœur ; l’un finira nécessairement par dominer l’autre et exercer sur lui sa suprématie.
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Elle inflige au cœur de l’amant un tourment provoqué par l’être aimé ; car quiconque s’attache à autre qu’Allah est fatalement châtié par cet attachement :
Il n’est, sur terre, plus malheureux qu’un amoureux,
Même si la passion lui semble douce à goûter ;
Tu le vois pleurer à chaque instant,
Craignant la rupture ou consumé par le désir.
Il pleure quand les aimés s’éloignent, mû par la nostalgie,
Et il pleure quand ils s’approchent, redoutant la séparation ;
Ses yeux brûlent au moment de l’adieu,
Et ses yeux brûlent encore lors des retrouvailles.