Nombreux sont les passionnés qui déclarent qu’il ne subsiste absolument plus dans leur cœur la moindre place pour quiconque en dehors de l’être aimé ; bien au contraire, celui-ci s’est emparé de tout leur cœur (1), si bien qu’ils sont devenus, à tous égards, ses esclaves exclusifs !
Ainsi, cet individu a troqué la servitude due au Créateur – exalté soit-Il – pour la servitude (2) d’une créature semblable à lui, car la servitude réalise la perfection de l’amour et de l’humilité. Or il a dépensé toute la vigueur de son amour, de son abaissement et de sa soumission pour son bien-aimé, lui concédant par là même la véritable essence de la servitude.
Il n’existe aucune commune mesure entre le dommage provoqué par une affaire d’une si grande gravité et celui de la fornication ; cette dernière est certes un péché majeur dont l’auteur encourt la sanction réservée aux fautes de cette nature, mais la corruption inhérente à cette passion relève, elle, de la corruption même du polythéisme.
L’un des maîtres spirituels parmi les connaisseurs (3) disait : « Que je sois éprouvé par la fornication avec cette personne m’est préférable à être éprouvé, à son sujet, par une passion telle que mon cœur l’adore et qu’elle m’occupe loin d’Allah. »
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Le remède à ce mal dévastateur consiste à reconnaître la maladie contraire (4) dont on est affligé.