…et si Je t’échappe, tu auras perdu toute chose. Et Je suis pour toi plus cher que toute chose (1).
Chapitre
L’amour constitue en effet une catégorie qui renferme des espèces diverses, différant par leur degré et leur nature. Lorsqu’il est question d’Allah — exalté soit-Il —, on mentionne le plus souvent, à propos de cet amour, ce qui Lui est propre et convient exclusivement à Sa Majesté, telles que l’adoration (ʿibâda) et l’inâba (le retour repentant) et assimilés (3) ; car l’adoration ne convient qu’à Lui seul, et il en va de même de l’inâba (4).
Il arrive cependant que l’amour soit évoqué sous son appellation absolue, comme dans cette parole : « Allah fera venir un peuple qu’Il aime et qui L’aiment » (al-Mâʾida, 5 : 54), ou encore : « Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux qu’ils aiment comme on aime Allah ; mais ceux qui croient aiment Allah d’un amour plus intense » (al-Baqarah, 2 : 165).
La plus grave des formes d’amour blâmable est l’amour “avec Allah”, lorsque l’amant met sur un pied d’égalité l’amour qu’il voue à Allah et celui qu’il porte au rival (5) qu’il a élevé à Ses côtés. À l’inverse, la forme la plus méritoire est d’aimer Allah seul et d’aimer ce qu’Il aime. Cet amour est la racine et le sommet du bonheur ; nul n’échappe au châtiment si ce n’est grâce à lui. L’amour blâmable entaché de shirk est, au contraire, la racine et le sommet de la perdition ; seuls ses adeptes demeureront à jamais dans le supplice. Ainsi, les gens de l’amour — ceux qui aiment Allah et L’adorent, Lui seul, sans associé —