Tel est donc le véritable Bien-Aimé, nul autre que Lui ; et quand bien même, à la racine de chacun des cheveux du serviteur, jaillirait un amour parfait pour Allah, ce ne serait encore qu’une part de ce qu’Il mérite de Son adorateur :
Promène ton cœur, va où tu veux parmi les passions ;
l’amour n’appartient qu’au premier Bien-Aimé.
Combien de demeures, sur terre, accueillent le jeune homme ;
pourtant sa nostalgie revient toujours à la toute première. (1)
Paragraphe
Vient ensuite le tatayyum, ultime degré de l’amour : c’est le fait, pour l’amant, de se vouer en adorateur à son Bien-Aimé. On dit : « tayyama-hu l-hubb » quand l’amour l’a réduit en serviteur ; d’où l’expression « Taym Allah », c’est-à-dire « le serviteur d’Allah ». L’essence même de l’adoration est l’humilité et la soumission envers le Bien-Aimé. De même, on qualifie de « route muʿabbada » un chemin aplanı et assoupli par les pas. Le serviteur est donc celui qu’ont assujetti l’amour et la déférence pour son Bien-Aimé.
Aussi l’état le plus noble et le rang le plus élevé du serviteur résident-ils dans l’ʿubūdiyya (la servitude envers Allah) ; il n’a pas de station plus sublime.
Or Allah — exalté soit-Il — a désigné par le terme de « serviteur » (ʿabd) la créature la plus noble et la plus aimée de Lui, Son Messager Muḥammad ﷺ, précisément dans ses stations les plus illustres : la station de l’appel à Allah, celle du défi prophétique et celle du Voyage nocturne (2). Il a dit :
« Et lorsque, en vérité, le Serviteur d’Allah se leva pour L’invoquer, ils faillirent se ruer contre lui en masse. » (Coran, 72 : 19)
Il a dit également :
« Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, apportez donc une sourate semblable à ceci. » (Coran, 2 : 23)
Et Il a dit encore :
« Gloire à Celui qui, de nuit, fit voyager Son serviteur de la Mosquée sacrée à la Mosquée lointaine. » (Coran, 17 : 1)