Les amoureux se sont plaints de la ṣabâba ; plût-il au ciel que je pusse
Supporter, seul parmi eux, ce qu’ils endurent.
Alors mon cœur connut tout le délice de l’amour ;
Jamais amant ne l’a goûté avant moi, nul ne le goûtera après moi.
Vient ensuite le gharām : c’est l’adhérence de l’amour au cœur, une adhérence dont il ne se défait plus. De là, le créancier est appelé gharîm, parce qu’il ne lâche pas son débiteur. Ainsi le Coran dit : « Son châtiment est bel et bien un tourment inéluctable » (25 : 65).
Les auteurs postérieurs ont pris l’habitude d’employer ce terme pour parler d’amour, alors qu’il apparaît rarement dans la poésie arabe ancienne.
Puis vient lʾishq, la passion excessive ; aussi n’attribue-t-on jamais ce qualificatif au Seigneur, exalté soit-Il, et on ne l’emploie pas à Son sujet.
Enfin, le shawq : le voyage le plus pressant du cœur vers l’aimé. Ce terme, en revanche, est attesté pour le Seigneur, comme le rapporte le Musnad de l’imâm Aḥmad.
(1) Dans le manuscrit F : « Certains ont dit. »
(2) Dans le manuscrit S : « se plaint » ; dans le manuscrit L : « se lamente ». Ces deux variantes sont des altérations.
(3) L’auteur les a cités dans Rawdat al-muhibbin (p. 279 et 271), en les attribuant au poète de la Hamasa. Voir la Hamasa d’Abu Tammam (2/35) ; ces deux vers sont de Majnun Layla, dans son Diwan (p. 92).
(4) Dans le manuscrit F : « pour demeurer auprès de son compagnon ». Ce passage manque dans le manuscrit L.
(5) Dans le manuscrit F : « et il s’est épris ».
(6) Voir Rawdat al-muhibbin, p. 110.
(7) Voir Rawdat al-muhibbin, p. 112 ; Tariq al-hijratayn, p. 713 ; et al-Madarij, 3/53.
(8) Celui qui a consulté l’exemplaire S a ajouté « métaphoriquement » dans le creux du ya de « ta‘ala ». C’est une intervention grossière de sa part.
(9) 4/264 (no 18325). Le hadith a également été rapporté par al-Nasa’i (no 1306), al-Tabarani dans al-Du‘a (no 625), ainsi que par d’autres, par l’intermédiaire d’Ishaq al-Azraq et d’autres transmetteurs, d’après Sharik al-Qadi, d’après Abu Hashim, d’après =