au plus profond de son cœur ; il en fut terrassé et dut garder le lit. L’être aimé, pour sa part, se refusa catégoriquement à lui et s’en détourna encore davantage. Des intermédiaires ne cessèrent alors d’aller et venir entre eux jusqu’à ce qu’il lui promette de lui rendre visite. Quand le malheureux en fut informé, il se réjouit, son bonheur redoubla, son angoisse se dissipa et il guetta l’heure du rendez-vous qui avait été fixée.
Tandis qu’il demeurait ainsi dans l’attente, l’entremetteur revint et lui rapporta : « Il m’a accompagné un moment, puis a rebroussé chemin. Je l’ai supplié et longuement exhorté ; il m’a répondu : “Il s’est souvenu de moi, et le désir m’a durement éprouvé, mais je ne veux pas pénétrer dans des lieux suspects ni m’exposer aux situations équivoques.” J’y suis retourné, il a persisté dans son refus et s’en est allé. »
À cette nouvelle, le misérable fut anéanti ; son état empira plus encore, et les signes de la mort apparurent sur lui. Dans ces instants, il ne cessait de répéter :
« Je me résigne, ô soulagement du malade,
ô guérison de l’agonisant amaigri ! »
= le grammairien et poète, disciple d’Abu al-Hasan Aslam ibn Ahmad ibn Saïd, le fils du cadi de la communauté. Cette histoire est rapportée par al-Humaydi dans *Jadhwat al-muqtabis* (p. 143), d’après le récit d’Ibn Hazm. Voir également *Masari‘ al-‘ushshaq* (1/297) et *Mu‘jam al-udaba’* (1/422).
(1) C’est ainsi dans tous les manuscrits. Les expressions *huwa lima bihi* (« il est accablé par ce qui l’afflige ») ou *ana lima biya* (« je suis accablé par ce qui m’afflige ») désignent un état de maladie ou de détresse extrêmement pénible. Elles sont courantes dans les écrits des anciens. Ainsi, Masqala ibn Hubayra, interrogé au sujet de Muawiya — qu’Allah l’agrée —, aurait dit : « Vous prétendez qu’il est accablé par ce qui l’afflige ; par Allah, il m’a serré si fortement que j’ai failli être brisé… » (*Zahr al-adab*, 1/50). On lit également dans *Rawdat al-muhibbin* (p. 484) : « On dit à Buthayna : “Jamil est accablé par ce qui l’afflige. As-tu quelque moyen de soulager sa passion ?” » Ibn Zaydun dit de même dans son *Diwan* (p. 50) :
« Allah sait que, par ton amour,
je suis aujourd’hui accablé par ce qui m’afflige. »
La formulation ayant paru obscure aux éditeurs de l’ouvrage, ils l’ont remplacée par : « une douleur qui l’accable ».
(2) S : « il frappa ».
(3) S : « chaque fois que », déformation du texte.
(4) Z : « sur lui ».