Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

« — Quel chemin mène au hammam de Minjâb ? — Voici le hammam de Minjâb », répondit-il.

Elle entra alors dans la maison et il la suivit. Lorsqu’elle se vit chez lui et comprit qu’il l’avait dupée, elle afficha une mine avenante, feignant la joie de se trouver avec lui, puis dit : « Il conviendrait que nous ayons de quoi rendre notre vie agréable et réjouir nos yeux. » — « J’y cours, répondit-il, je vais t’apporter sur-le-champ tout ce que tu souhaites et convoites. »

Il sortit donc, la laissant dans la demeure sans même en fermer la porte. Il alla chercher ce qu’il jugeait approprié, puis revint ; mais il constata qu’elle était partie, s’était éclipsée sans rien lui dérober. L’homme devint fou d’elle : il ne cessait de l’évoquer et parcourait rues et ruelles en répétant :

« Combien de passantes, un jour, lassées, diront :
— Quel chemin mène au hammam de Minjâb ? »

Or, un jour qu’il ressassait ces paroles, une servante lui répondit depuis une lucarne :

« Ô Cornân, quand tu l’avais enfin conquise,
pourquoi n’as-tu pas scellé la maison
ou verrouillé la porte ? »

Son délire n’en fut que plus grand, son émoi s’intensifia ; il resta ainsi jusqu’à ce que ce vers fût la dernière parole qu’il prononça en ce bas-monde.

Il ajouta : « On rapporte encore qu’un homme s’éprit d’une personne ; sa passion pour elle devint si ardente qu’elle s’enracina… »

(1) Le mot *lahu* (« pour lui ») est omis dans le manuscrit ف. (2) Le manuscrit ف porte : *aʿyununa* (« nos yeux »). Le manuscrit ز porte : « Tu arrangeras avec nous ce que nous embellissons… et tu reconnaîtras… ». (3) Le manuscrit ف porte : « Il se mit à passer ». (4) Le manuscrit ف porte : « tout en disant ». (5) Le manuscrit ف porte : *taqûl* (« tu dis »). (6) Le manuscrit س porte : *jaʿaltu sarîʿan idh* (« je me hâtai alors »). Si cet ajout est authentique, le mot *qarnân* (« cocu ») ne fait pas partie du vers. Le *qarnân* est un homme dépourvu de jalousie à l’égard de sa femme. (7) Le manuscrit س porte : « une personne » ; dans sa marge : « un homme ». Cet homme est Ahmad ibn Kulayb =
أين الطريق إلى حمام مِنجاب؟ فقال: هذا حمام منجاب. فدخلت الدار، ودخل وراءها. فلمّا رأت نفسَها في داره، وعلمت أنّه قد خدعها، أظهرت له (١) البشر والفرح باجتماعها معه، وقالت له: يصلح أن يكون معنا ما يطيب به عيشنا، وتقرَّ به عيوننا (٢). فقال لها: الساعة آتيكِ بكلّ ما تريدين وتشتهين. وخرج، وتركها في الدار، ولم يغلقها. فأخذ ما يصلح، ورجع، فوجدها قد خرجت، وذهبت، ولم تخنه في شيء. فهام الرجل، وأكثر الذكرَ لها، وجعل يمشي (٣) في الطرق والأزقّة ويقول (٤): يا رُبَّ قائلةٍ يومًا وقد تعبت … كيف الطريق إلى حمّام مِنجاب فبينا هو يومًا يقول ذلك، وإذا بجاريةٍ أجابته من طاق (٥): قَرْنانُ هلّا جعلتَ إذ ظفرتَ بها … حِرزًا على الدار أو قفلًا على الباب (٦) فازداد هيمانه، واشتدّ هيجانه، ولم يزل على ذلك حتى كان هذا البيت آخر كلامه من الدنيا". قال: "ويروى أن رجلًا (٧) علِق شخصًا، فاشتدّ كلفه به، وتمكن
(١) "له" ساقطة من ف. (٢) ف: "أعيننا". وفي ز: "تُصلح معنا ما نطيّب … ونقرّ … ". (٣) ف: "فجعل يمرّ". (٤) ف: "وهو يقول". (٥) ف: "طاق تقول". (٦) في س: "جعلت سريعًا إذ"، فإن صحت هذه الزيادة، فقولها: "قرنان" لا يكون جزءًا من البيت. والقَرنان: الديوث. (٧) س: "شخصًا"، وفي حاشيتها: "خ رجلًا". وهذا الرجل أحمد بن كليب =

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