Ce hadith, qui associe l’adultère à la mécréance et à l’homicide, est du même ordre que le verset figurant dans la sourate Al-Furqân (1) et que le hadith rapporté par Ibn Masʿûd (2).
Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a commencé par le péché le plus fréquent, puis par celui qui vient ensuite : l’adultère se rencontre plus souvent que l’homicide, et l’homicide plus souvent que l’apostasie. C’est également un passage du grave vers ce qui est plus grave encore (3).
La corruption provoquée par l’adultère s’oppose au bon ordre du monde. Lorsque la femme commet l’adultère, elle jette l’opprobre sur sa famille, son mari (4) et ses proches, les contraignant à baisser la tête devant les gens. Si elle conçoit de cet acte et tue son enfant, elle réunit adultère et meurtre ; si elle l’attribue à son mari, elle introduit dans la lignée de ce dernier et dans la sienne un étranger qui n’est pas des leurs : il hérite d’eux sans leur appartenir, les voit, se retrouve seul avec eux, se réclame d’eux alors qu’il n’est pas des leurs — sans parler d’autres méfaits encore.
Quant à l’adultère de l’homme, il entraîne lui aussi la confusion des filiations, la corruption d’une femme préservée et l’expose à la ruine et à la perversion.
Dans ce très grand péché se trouvent la ruine de la vie d’ici-bas et de la religion ; il peuple les tombes dans le barzakh (l’intervalle entre ce monde et l’au-delà) et attise le Feu dans l’Au-delà (6).
Que d’instances d’istihlal (le fait de déclarer licite ce qui est illicite) recèle donc l’adultère ! (7)