Les premières générations allaient jusqu’à se reprendre pour avoir simplement dit : « Quelle journée étouffante ! » ou « Quelle journée glaciale ! »
On raconte qu’un des grands maîtres parmi les savants(1) fut vu en songe ; interrogé sur son sort, il déclara : « Je suis retenu à cause d’un seul mot que j’ai prononcé. J’avais dit : “Comme les gens ont besoin de pluie !” – et l’on m’a répondu : “Comment peux-tu en juger ? C’est Moi qui connais le mieux l’intérêt de Mes serviteurs.” »
Un jour, l’un des Compagnons dit à son serviteur(2) : « Apporte donc la sufra(3) pour que nous nous en amusions. » Il se ravisa aussitôt : « Je demande pardon à Allah ; jamais je ne laisse sortir une parole sans l’avoir bridée et tenue en laisse, sauf celle-ci qui m’a échappé sans bride ni rênes(4). » (Ou des paroles approchantes.)
= Il dit : « Je ne sais qu’une chose : il l’a attribué au Prophète » ou : « Je pense qu’il le rapporte du Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui. » C’est ainsi qu’il fut transmis de Hammad ibn Zayd par Affan ibn Muslim, Bishr ibn al-Sari, Imran ibn Moussa, Mousaddad et al-Tayalissi : chez Ahmad, dans le *Musnad* (n° 11908), al-Marwazi, dans ses additions au *Zuhd* d’Ibn al-Mubarak (n° 1012), Ibn Abi al-Dunya, dans *al-Samt* (n° 12), Ibn al-Sunni (1), et al-Tayalissi, dans son *Musnad* (n° 2323).
Il est également possible que Hammad ibn Zayd l’ait rapporté sous forme *mawquf* (attribué à un Compagnon, sans être remonté au Prophète). Il fut alors transmis de lui par Abd al-Rahman ibn Mahdi, Hammad ibn Usama, Ishaq ibn Abi Isra’il et Abu Kamil al-Jahdari, chez al-Tirmidhi (n° 2407), Ahmad, dans *al-Zuhd* (n° 1084), et Ibn Abd al-Barr, dans *al-Tamhid* (20/41).
Après avoir cité la version *mawquf*, al-Tirmidhi dit : « Celle-ci est plus authentique que le hadith de Muhammad ibn Moussa — c’est-à-dire la version remontant au Prophète. Nous ne le connaissons que par la transmission de Hammad ibn Zayd. Plusieurs rapporteurs l’ont transmis de Hammad ibn Zayd sans le faire remonter au Prophète. »
(1) Il s’agit d’al-Junayd. Voir *al-Tadwin fi akhbar Qazwin*, 1/264.
(2) Dans les manuscrits S et F : « pour une servante ».
(3) À l’exception du manuscrit L : « apporte-la ».
(4) Rapporté par Ahmad, 4/123 (n° 17114), Ibn al-Mubarak dans *al-Zuhd* (n° 843), Ibn Abi al-Dunya dans *al-Samt* (n° 438), Abu Nuaym dans *Hilyat al-awliya*, 6/77-78, et d’autres, par la voie de =