Il a également dit : « Prenez garde de vous asseoir sur les voies publiques. » — « Ô Messager d’Allah, répliquèrent-ils, ce sont nos lieux de rencontre, nous ne pouvons nous en passer. » Il répondit : « Si vous ne pouvez vraiment pas faire autrement, alors accordez à la voie publique son droit. » — « Et quel est ce droit ? » demandèrent-ils. Il dit : « Abaissez le regard, abstenez-vous de nuire et rendez le salut. »
Le regard est à l’origine de la plupart des événements qui frappent l’être humain : un premier coup d’œil engendre une pensée fugace, la pensée suscite une réflexion, la réflexion engendre un désir, le désir enfante une volonté, puis cette volonté se renforce jusqu’à devenir une résolution ferme ; l’acte finit alors par se produire inéluctablement, à moins qu’un empêchement n’intervienne.
À ce sujet, on a dit : supporter l’effort de baisser le regard est plus facile que de supporter la douleur qui suit lorsqu’on ne l’a pas fait.
Le poète a dit :
« Toute calamité prend naissance dans un regard,
Et le brasier jaillit d’une étincelle dérisoire.
Que de regards ont atteint le cœur de celui qui les décocha,
Aussi sûrement qu’une flèche file entre l’arc et la corde. »