Et le premier type de polythéisme se subdivise lui-même en deux sous-catégories.
- La première est le polythéisme de la négation (taʿṭîl). Il s’agit de la plus hideuse des formes de polythéisme, comme celui de Pharaon lorsqu’il déclara : « Et qu’est donc le Seigneur de l’univers ? » (1), puis lorsqu’il dit à Hâmân : « Bâtis-moi une tour ; peut-être atteindrai-je le Dieu de Moïse, car je pense vraiment qu’il est l’un des menteurs » (2).
Le polythéisme et la négation sont indissociables : tout associateur est, en réalité, un négateur, et tout négateur est un associateur. Toutefois, le polythéisme n’implique pas forcément la négation radicale ; il se peut que l’associateur reconnaisse le Créateur — exalté soit-Il — ainsi que Ses attributs, tout en privant le tawḥîd (3) de son droit.
Le fondement même du polythéisme, la base (4) à laquelle il se ramène, est la négation, laquelle se présente sous trois formes :
a) nier (5) le lien entre la créature et son Artisan, son Créateur ;
b) nier l’Artisan — exalté soit-Il — dans Sa perfection sacrée, en récusant Ses noms, Ses attributs et Ses actes ; (6)
c) nier, dans la relation cultuelle, ce que le serviteur doit réellement au titre du tawḥîd.
Relève également de cette catégorie le polythéisme (7) de la secte des partisans de la « wahdat al-wujûd » qui proclament : « Il n’existe ni Créateur ni créé, il n’y a pas deux réalités ; la Vérité transcendante est, à elle seule, la création. »