Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Et le premier type de polythéisme se subdivise lui-même en deux sous-catégories.

  1. La première est le polythéisme de la négation (taʿṭîl). Il s’agit de la plus hideuse des formes de polythéisme, comme celui de Pharaon lorsqu’il déclara : « Et qu’est donc le Seigneur de l’univers ? » (1), puis lorsqu’il dit à Hâmân : « Bâtis-moi une tour ; peut-être atteindrai-je le Dieu de Moïse, car je pense vraiment qu’il est l’un des menteurs » (2).

Le polythéisme et la négation sont indissociables : tout associateur est, en réalité, un négateur, et tout négateur est un associateur. Toutefois, le polythéisme n’implique pas forcément la négation radicale ; il se peut que l’associateur reconnaisse le Créateur — exalté soit-Il — ainsi que Ses attributs, tout en privant le tawḥîd (3) de son droit.

Le fondement même du polythéisme, la base (4) à laquelle il se ramène, est la négation, laquelle se présente sous trois formes :

a) nier (5) le lien entre la créature et son Artisan, son Créateur ;

b) nier l’Artisan — exalté soit-Il — dans Sa perfection sacrée, en récusant Ses noms, Ses attributs et Ses actes ; (6)

c) nier, dans la relation cultuelle, ce que le serviteur doit réellement au titre du tawḥîd.

Relève également de cette catégorie le polythéisme (7) de la secte des partisans de la « wahdat al-wujûd » qui proclament : « Il n’existe ni Créateur ni créé, il n’y a pas deux réalités ; la Vérité transcendante est, à elle seule, la création. »

(1) Comme dans la sourate al-Shu‘ara (23). (2) Comme dans les sourates al-Qasas (28), verset 38, et Ghafir (40), versets 36-37. Dans l’édition S : « Et je le tiens certainement pour un menteur. » (3) Dans l’édition Z : « la création de l’unicité », ce qui constitue une altération. (4) Dans l’édition F : « revint ». (5) Le terme *ta‘til* (négation des noms et attributs divins) est omis dans l’édition F. (6) La phrase « et la négation du Créateur [...] de Ses actes » est omise dans l’édition F. (7) Dans l’édition Z : « Il lui associa », ce qui est erroné.
والشرك الأول نوعان: أحدهما: شرك التعطيل. وهو أقبح أنواع الشرك، كشرك فرعون إذ قال: وما ربّ العالمين؟ (١)، وقال لهامان: ابن لي صرحًا، لعلّي أطلع إلى إله موسى، وإنّي لأظنّه من الكاذبين (٢). والشرك والتعطيل متلازمان. فكل مشرك معطِّل، وكل معطِّل مشرك؛ لكنّ الشرك لا يستلزم أصل التعطيل، بل قد يكون المشرك مقِرًّا بالخالق سبحانه وصفاته، ولكنّه عطّل حقَّ التوحيد (٣). وأصل الشرك وقاعدته التي يرجع (٤) إليها هو التعطيل، وهو ثلاثة أقسام: تعطيل (٥) المصنوع عن صانعه وخالقه. وتعطيل الصانع سبحانه عن كماله المقدّس، بتعطيل أسمائه وأوصافه وأفعاله (٦). وتعطيل معاملته عما يجب على العبد من حقيقة التوحيد. ومن هذا: شركُ (٧) طائفة أهل وحدة الوجود الذين يقولون: ما ثمَّ خالق ومخلوق، ولا ها هنا شيئان، بل الحقّ المنزَّه هو عين الخلق
(١) كما في سورة الشعراء (٢٣). (٢) كما في سورة القصص (٣٨) وغافر (٣٦ - ٣٧). وفي س: "وإني لأظنه كاذبًا". (٣) ز: "خلق التوحيد"، تحريف. (٤) ف: "رجع". (٥) كلمة "تعطيل" ساقطة من ف. (٦) "وتعطيل الصانع … أفعاله" ساقط من ف. (٧) ز: "أشرك"، خطأ.

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