Les deux Ṣaḥîḥs (1) rapportent encore que le Prophète ﷺ fut interrogé : « Quel est le plus grand des péchés auprès d’Allah ? » Il répondit : « Que tu associes à Allah un rival alors que c’est Lui qui t’a créé. » – « Et ensuite ? », demanda-t-on. Il dit : « Que tu mettes fin à la vie de ton enfant par crainte qu’il partage ta nourriture. » – « Et ensuite ? », reprit-on. Il répondit : « Que tu commettes l’adultère avec l’épouse de ton voisin. » Allah – qu’Il soit exalté – fit alors descendre la confirmation de ces propos : « Et ceux qui n’invoquent pas, avec Allah, une autre divinité, qui ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, si ce n’est en toute justice, et qui ne forniquent pas… » (sourate Al-Furqân, 68).
Les savants ont divergé au sujet des kabâ’ir (grands péchés) : sont-ils en nombre limité ou non ? Deux avis se sont dégagés.
Parmi ceux qui soutiennent qu’ils peuvent être dénombrés, les opinions divergent encore sur leur total :
– Selon ʿAbd Allâh ibn Masʿûd, ils sont au nombre de quatre (5) ;
– selon ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, ils sont sept (6) ;
– selon ʿAbd Allâh ibn ʿAmr ibn al-ʿÂṣ, ils sont neuf (7).
(1) Son référencement a déjà été indiqué p. 262.
(2) Dans les manuscrits S et Z : « Il a dit. »
(3) Dans le manuscrit Z : « Il fut alors demandé », ce qui constitue une altération.
(4) Dans le manuscrit Z : « Ceux qui… »
(5) Rapporté par al-Tabari (5/40), avec une chaîne de transmission authentique. Il en existe également plusieurs chaînes divergentes. Il est aussi rapporté de lui qu’il aurait dit : « Les péchés majeurs sont au nombre de trois : désespérer du secours d’Allah, perdre tout espoir de Sa miséricorde et se croire à l’abri du stratagème d’Allah. » Rapporté par al-Tabari (5/41), avec une interruption dans la chaîne de transmission. Il est toutefois établi qu’Ibn Masud a dit : « Les péchés majeurs se trouvent du début de la sourate al-Nisa jusqu’à son trentième verset. » Rapporté par al-Tabari (5/37).
(6) Selon ce que j’ai trouvé au sujet d’Ibn Umar, ils sont au nombre de neuf, comme l’a rapporté de lui Taysala ibn Mayyas. Voir al-Tarikh al-kabir d’al-Bukhari (4/367) et al-Tabari (5/39) [Z]. Quant à l’opinion selon laquelle ils sont au nombre de sept, elle est rapportée d’Ali ibn Abi Talib, d’Ubayd ibn Umayr al-Laythi et d’Ata. Voir le Tafsir d’al-Tabari (8/235-238) [S].
(7) C’est ainsi que le nombre est au féminin dans tous les manuscrits. Il a déjà été établi que cette opinion est authentiquement rapportée d’Ibn Umar.